GROOVER – Qu’est-ce qu’un Artiste entrepreneur ?

Phénomène de notre époque ou expression à la mode, l’appellation « Artiste entrepreneur » fait souvent débat. Entre confusion et incompréhension, nous allons tenter pour Groover d’éclaircir l’assemblage de ces deux termes qui paraissent pour beaucoup incompatibles.

Lire l’article sur le blog de Groover:

https://blog.groover.co/conseil/artiste-entrepreneur

Suite à la publication de cet article, il nous a semblé pertinent de publier les remarques de Guy Dessut – Expert-comptable, formateur et co-auteur, avec Bernard Villeneuve, de l’ouvrage intitulé L’artiste entrepreneur – consacré à l’exercice d’une activité d’artiste du spectacle sous forme d’entreprise.

Fervent défenseur du régime de l’intermittence, il précise toutefois que le régime de l’auto-entreprise (maintenant micro-entreprise), peut constituer une bonne solution (voire une solution de survie) pour les artistes du spectacle qui :

– ne peuvent accéder à l’intermittence indemnisée (plus de la moitié des intermittents selon Pôle-emploi, beaucoup plus selon AUDIENS), soit parce qu’ils ne peuvent rejoindre (ou créer) une structure de production, soit parce qu’ils sont sortis du régime (faute de pouvoir atteindre les 507 heures)

– sont en dehors du mainstream culturel et savent qu’ils ne pourront pas atteindre les 507 heures

construisent leur carrière mais ne peuvent encore accéder à l’intermittence indemnisée (beaucoup de conteurs ont commencé en auto-entrepreneur)

– souhaitent diversifier leur activité tout en continuant à exercer une activité dans le spectacle vivant

– peu nombreux, fuient cette course aux dates et à la paperasserie qui va avec.

Financièrement, pour l’artiste du spectacle non indemnisé par Pôle-emploi, le régime de l’auto-entreprise présente un avantage financier.

Exemple :

Un organisateur dispose d’un budget de 300 €.

– pour ce montant global de 300 €, un intermittent aura un cachet net d’environ 150 € après paiement des cotisations salariales, patronales et des frais de gestion.

– pour une cession de spectacle de 300 €, un auto-entrepreneur aura 225 € dans sa poche après paiement de ses cotisations. 

Si l’intermittent ne peut accéder à l’indemnisation (et seulement si), il peut donc être intéressant d’être en auto-entreprise.

Concernant l’aspect juridique, il n’y a plus, depuis fort longtemps, de doute sur la possibilité d’exercer une activité d’artiste du spectacle vivant sous forme d’auto-entrepreneur (la circulaire du 28/01/2010 a éclairci les choses). Les DRAC ont suivi…

L’artiste du spectacle étant par nature un salarié, il lui faut remplir plusieurs conditions afin de pouvoir pratiquer son art en auto-entreprise. Il doit donc :

– exercer son activité de manière exclusivement indépendante (impossibilité de percevoir un cachet)

– posséder la licence d’entrepreneur du spectacle

s’immatriculer à la Chambre de commerce (ou des Métiers pour les marionnettistes) ce qui peut parfois constituer un certain casse-tête juridique.

Si les conditions précédentes sont respectées, il n’y a pas d’incompatibilité entre auto-entrepreneur et artiste du spectacle vivant. L’auto-entrepreneur peut fort bien se produire en tant qu’artiste du spectacle à condition de posséder la licence d’entrepreneur et d’être exclusivement rémunéré en contrepartie d’une facturation. L’artiste est donc son propre producteur. Attention toutefois de bien noter qu’il y a une totale incompatibilité avec le régime de l’intermittence qui est exclusif.

Il y a beaucoup d’artistes auto-entrepreneurs dans le domaine du conte ou de la marionnette, par exemple, des clowns ou encore des magiciens, mais également de plus en plus de musiciens. Le statut d’auto-entrepreneur peut donc représenter un véritable outil entrepreneurial, dans le sens mélioratif du terme.

Par ailleurs, un intermittent indemnisé qui crée une auto-entreprise ne peut le faire que dans un domaine sans rapport avec son activité dans le spectacle vivant, sous peine de risquer de risquer de remettre en cause son régime d’intermittent indemnisé.


1 commentaire sur « GROOVER – Qu’est-ce qu’un Artiste entrepreneur ? »

  • Bonjour, merci pour ce complément. J’ai eu deux juristes en contact qui m’avaient indiqué que ce n’était pas possible en auto entreprise, que la seule solution était la sarl en boite de production pour pouvoir se reverser un salaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *