E COMME EDITEUR – Comment choisir son éditeur ?

Il faut déjà trouver un éditeur qui est ​actif car, malheureusement, en tant qu’éditeur, il est assez simple de faire signer un ​deal d’édition, de déposer les oeuvres à la SACEM et de ne rien faire ensuite.

Le premier rôle de l’éditeur est de faire ​remonter les droits. Prenons l’exemple d’un concert: vous jouez dans une salle lambda, si vous ne faites rien, vous êtes à peu près sûrs que vous ne verrez jamais remonter les droits d’auteur. Dans ce cas précis, le rôle de l’éditeur, c’est de vous faire un numéro de ​programme type (déclarer une set-list), de l’enregistrer à la SACEM et d’obtenir un numéro; c’est l’éditeur qui va, dès que le concert a eu lieu, en informer le service des programmes de la SACEM et attendre la ​répartition où les droits sont censés tomber, ​analyser tout cela avec un logiciel et, si ce n’est pas payé, ​réclamer à la SACEM pour que, à la fin du processus, les droits tombent. Ce travail est très lourd chez un éditeur et un Auteur ne le voit pas forcément. Chez un éditeur, ce sont des personnes à plein-temps qui font ce travail car, pour bien le faire, de façon extrêmement précise et active, cela nécessite beaucoup de temps.

Pour info, en fonction des médias et des catalogues, la SACEM récolterait entre 50 et 60% des droits, si aucun travail de ​vérification n’est fait du côté de l’éditeur; en ​droits mécaniques (DRM), cela se fait automatiquement, sans intervention nécessaire de l’éditeur, car, pour les pressages, c’est la SACEM qui collecte et qui reverse automatiquement (SDRM). En revanche, pour les ​droits d’exécution publique (ou DEP, c’est à dire les lives, les diffusions télé, etc.) c’est là que c’est plus compliqué.

Attention, il ne s’agit pas là d’accabler la SACEM car les ​erreurs peuvent venir de différentes origines: la salle de concerts qui ne paie pas sa redevance, la salle qui a ​mal déclaré les oeuvres jouées, un nom d’auteur mal orthographié; en réalité, les niveaux de blocage sont infinis. De toutes les études, la SACEM reste la ​meilleure société de gestion collective du monde, la plus efficace; c’est une énorme machine au service de ses auteurs, compositeurs et éditeurs, c’est une chose importante qu’il faut évidemment souligner. Pour info, la SACEM prélève, sur les droits récoltés, ​17% de frais de gestion afin de pouvoir offrir tous ces services; c’est une société civile, il n’y a pas de but lucratif, il n’y a pas d’actionnariat privé, les associés sont les ​membres​: chaque auteur, compositeur ou éditeur qui s’inscrit demande à être associé à une part de la SACEM; il n’y a pas d’actionnariat privé qui pourrait être tenté par des dividendes, contrairement à des sociétés de gestion américaines qui peuvent être détenues par des fonds privés, ce qui peut parfois poser des problèmes dans la gestion.

L’édition est un métier assez ​figé​, il n’y pas beaucoup de nouveaux éditeurs entrant sur le marché chaque jour alors que, dans la partie ​label​, il y’a de jeunes labels qui se montent tous les jours; de nouveaux éditeurs, il n’y en a donc pas tant que cela, au sens éditeur qui fait de l’édition une vraie ​activité centrale (et non pas des labels-éditeurs dont le modèle économique est basé sur le fait de prendre des éditions pour équilibrer un budget). Au niveau des éditeurs dont c’est l’activité ​principale​, il n’y a pas beaucoup de choix au final. Il y a les majors de l’édition: Universal Publishing, Warner Chappell, Sony ATV et BMG; et il y a de gros ​indépendants​ comme Wagram Publishing ou encore Because.

Pour l’éditeur, Il n’y a pas d’obligation de ​résultat​; par contre, il y a une vraie ​obligation d’exploitation des oeuvres, c’est-à-dire que s’il ne se passe rien, s’il n’y a pas de travail qui est fait et qui est visible, l’éditeur est en ​défaut d’exécution de son obligation contractuelle et il est alors possible de rompre un contrat.

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