Portrait d’éditeur – Guillaume Heintzmann – Co-fondateur d’Alter K

Guillaume Heintzmann est aujourd’hui à la tête de plusieurs sociétés. La première société, l’origine en quelque sorte, celle qu’il a montée il y a 10 ans (avec ses deux associés, Gilles Lardoux et Olivier Rigout), c’est Alter K; c’est une société d’édition musicale avec une énorme partie dédiée à la synchronisation, à la musique à l’image et également à la supervision musicale; même si, techniquement, Alter K n’est pas superviseur musical si l’on considère qu’un superviseur musical c’est quelqu’un qui est payé par une production de films pour faire de la sélection musicale.

Comme Alter K possède un catalogue de titres et se trouve être ayant-droit, Alter K ne se rémunère pas en tant que superviseur musical mais la société s’occupe effectivement de placements de titres; sinon, pour être très précis sur ce point, il y une sorte de conflit d’intérêts car, normalement, le superviseur musical n’a pas de catalogue, il a juste un rôle d’expertise, de direction artistique, de “clearance” de droits ou encore de curateur; tout dépend des réalisateurs avec qui l’on travaille; certains réalisateurs ont des visions très claires de ce qu’ils veulent en musique et, dans ce cas précis, c’est davantage un rôle de “clearance” des droits des titres que le réalisateur souhaite avoir sur son film.

Contrairement à un superviseur musical, Alter K est éditeur et donc propriétaire d’un catalogue d’oeuvres musicales qui sont travaillées sur plein d’aspects différents, en synchro essentiellement, c’est pour cette spécificité que la société est identifiée aujourd’hui.

Mais il y a également toute la phase invisible, c’est l’énorme mission de l’éditeur qui est une mission de tracking, de collecte des droits, de gestion des copyrights; c’est quelque chose qui est souterrain mais qui est vraiment important car c’est comme cela que les auteurs, compositeurs et éditeurs de musique récupèrent des droits et donc de l’argent auprès de la SACEM ou des équivalents de la SACEM dans le reste du monde.

La structure Alter K est également un label qui a sorti quelques disques mais ça a toujours été un label développé plus par passion que pour constituer une vraie activité économique, même si un artiste du label connaît aujourd’hui un grand succès, c’est French 79, dont Alter K est également éditeur. Mais l’édition reste la partie la plus importante d’Alter K.

En 2017, Alter K a racheté une structure qui s’appelle Pschent Music, qui est un distributeur numérique et qui touche donc à la partie “phono” et “master” et non pas “édition” (auteur-compositeur-éditeur). Le rôle du distributeur numérique, c’est tout d’abord de sortir un album, un EP ou un titre sur toutes les plateformes de streaming (et download, pour ce qu’il en reste…), c’est la 1ère mission. Ensuite, la 2ème mission du distributeur numérique, c’est d’assurer de la présence, parler à Spotify, Deezer, Apple Music… aux éditos pour avoir des playlists, avoir de la visibilité, faire des campagnes de “webmarketing”, du Trade Marketing, faire en sorte qu’un titre (ou un groupe de titres) rentre dans des playlists qui sont devenues les nouvelles radios actuelles; ce sont des sélections faites soit par des éditos (de Spotify, Deezer…), soit par des particuliers, des curateurs qui peuvent avoir de 3 à 3 millions de personnes qui les suivent; inutile de dire que si vous rentrez premier dans une playlist de 3 millions d’auditeurs, mécaniquement, ça stream très vite et ça monte très haut.

Et puis, dans les missions du distributeur numérique, il y a tout le côté royalties, statements, tout le côté technologique avec des outils très développés que possèdent les principaux distributeurs numériques (IDOL, Believe, The Orchard…), des outils de back-office pour analyser les performances des artistes et suivre en direct le nombre de streams par pays, par ville etc. Pour info, Pschent Music est une société ancienne qui distribuait notamment les fameuses compilations de l’Hôtel Costes et dans laquelle Guillaume Heintzmann a débuté sa carrière et dont il est parti pour créer Alter K; le fondateur de Pschent étant décédé en 2015, Alter K a racheté la société dans laquelle Guillaume avait démarré.

Pour terminer sur Alter K, en 2018, une nouvelle structure a été créée: “Jeune à Jamais”, label et éditeur de musiques urbaines, troisième entité donc de la structure Alter K. 

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