Marc-Olivier Deblanc
Présentation
Avocat au cabinet Barnett & Associés, Marc-Olivier Deblanc accompagne artistes, producteurs, éditeurs, managers et entrepreneurs culturels sur l'ensemble de leurs problématiques juridiques. Sa conviction : loin d'être une contrainte, le cadre juridique est un véritable outil de structuration des projets.
Le droit de la création, plus large que le « droit de la musique »
Le cabinet Barnett & Associés est reconnu pour son expertise en propriété intellectuelle, médias et industries culturelles. Marc-Olivier Deblanc y traite contrats d'artistes, accords de production, édition musicale, droits voisins, exploitation des œuvres et négociations. Il revendique une approche plus large que le seul « droit de la musique » : le droit de la création, transversal, qui relie musique, audiovisuel, cinéma, design et marché de l'art.
Une industrie en mutation juridique permanente
Pour lui, la crise des années 2000 n'était pas une crise de la musique, mais une crise du support : du peer-to-peer de Napster à la chute du marché du disque, puis d'iTunes à la domination du streaming, le droit doit constamment s'adapter aux usages — et le fait toujours après coup. La technologie va plus vite que lui : certaines lois anti-piratage sont devenues obsolètes avant même d'être pleinement appliquées.
Notre rencontre avec Marc-Olivier Deblanc
Dans cette rencontre pour L'Atelier de Cédric, Marc-Olivier Deblanc décrypte, de façon claire et pédagogique, les réalités juridiques de l'industrie musicale — un aspect fondamental mais souvent sous-estimé des parcours artistiques.
Streaming et live : les limites des modèles
Le streaming a sauvé l'industrie, mais son modèle reste imparfait : les revenus sont mutualisés puis redistribués selon les volumes d'écoute, si bien qu'un abonné finance souvent des artistes qu'il n'écoute pas — d'où le débat sur le modèle « user-centric ». Le live, lui, demeure fragile : binaire (il a lieu ou non), c'est le maillon le plus vulnérable de l'industrie, tandis que le support physique poursuit sa chute.
Comprendre ses contrats et structurer ses droits
Quelques principes reviennent. Une avance n'est pas un cadeau : c'est une dette, qui doit couvrir plusieurs années et compenser les délais de revenus. Structurer ses revenus — en créant notamment une structure d'édition — permet de valoriser son catalogue, de générer des revenus de long terme et, à terme, de revendre ses actifs. Surtout, il faut penser carrière et non projet : le droit est un outil stratégique, pas seulement contractuel.
Litiges, contrefaçon et sampling
Les litiges les plus fréquents portent sur les conflits contractuels (rupture, désaccord artiste / label), les relations avec les éditeurs (manque d'exploitation, absence d'opportunités de synchronisation) et la contrefaçon — le terme juridique exact, plutôt que « plagiat ». L'analyse s'appuie sur la mélodie, l'harmonie, le rythme et l'impression d'ensemble, mais la décision finale reste humaine, et il faut distinguer la copie réelle de la simple rencontre fortuite. Le sampling, enfin, est un terrain risqué : aucune durée n'est « libre » — toute utilisation exige une double autorisation, celle du producteur (le master) et celle de l'éditeur (l'œuvre), sous peine de contrefaçon.
Protéger son nom et son image
Dernier réflexe essentiel : déposer sa marque via l'INPI, pour protéger son nom, sécuriser son merchandising et se constituer un actif — pour un coût faible au regard des enjeux. Le droit de la création englobe aussi l'image de l'artiste, ses photos et son pseudonyme, dont l'exploitation commerciale doit être encadrée.
Questions fréquentes
Qui est Marc-Olivier Deblanc ?
Avocat en droit de la création au cabinet Barnett & Associés, spécialisé en propriété intellectuelle, médias et industries culturelles. Il accompagne artistes, producteurs, éditeurs et managers.
Qu'est-ce que le « droit de la création » ?
Une approche plus large que le seul droit de la musique, transversale : musique, audiovisuel, cinéma, design et marché de l'art — un outil de structuration des projets plus qu'une contrainte.
Le sampling est-il libre en dessous de quelques secondes ?
Non. Aucune durée n'est « libre » : toute utilisation exige une double autorisation, celle du producteur (master) et celle de l'éditeur (œuvre), sous peine de contrefaçon.
Pourquoi déposer sa marque à l'INPI ?
Pour protéger son nom d'artiste, sécuriser son merchandising et se constituer un actif, pour un coût faible au regard des enjeux.
Pour aller plus loin
À propos de L'Atelier de Cédric
L'Atelier de Cédric est un espace de rencontres et de discussions dédié aux acteurs de la musique, de la création et de la culture. À travers des interviews approfondies, Cédric Tilèpe met en lumière les parcours, les métiers et les réalités de celles et ceux qui façonnent l'écosystème musical contemporain.
Chaque rencontre vise à transmettre une expérience concrète, utile et inspirante pour les professionnels comme pour les artistes en développement.
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