Grégoire
Présentation
Grégoire est auteur-compositeur-interprète. Révélé en 2008 par Toi + Moi, un premier album financé par les internautes sur My Major Company, il écrit généralement lui-même ses textes et ses musiques. Devenu producteur et coproducteur de ses disques, il travaillait, au moment de l’interview, dans son propre studio, en artiste « entre guillemets indépendant », selon ses mots.
My Major Company et « Toi + Moi »
Il s’inscrit sur My Major Company, la société cofondée par Michael Goldman, où 347 internautes réunissent 70 000 € pour produire son premier album. Il est présenté comme le premier artiste produit par le public en France. Paru en 2008, l’album Toi + Moi, porté par « Toi + Moi » et « Rue des étoiles », est certifié diamant et dépasse 1,2 million d’exemplaires. En 2009, il reçoit le prix Talent France Bleu.
Le clip de « Toi + Moi » :
Albums et collaborations
Suivent Le Même Soleil (2010), quadruple platine, dont la réédition contient « La Promesse », en duo avec Jean-Jacques Goldman, puis Les Roses de mon silence (2013), disque de platine, Poésies de notre enfance (2015), des poèmes mis en musique, et À écouter d’urgence (2017). En 2012, il compose et coécrit « Encore un autre hiver » pour les Enfoirés. Pendant la crise sanitaire, il publie une vidéo par semaine sur YouTube, pendant près de deux ans.
Producteur de sa musique
À ses débuts, il est artiste en coproduction, avant de devenir producteur et coproducteur de ses disques. Dès le début, il demande la moitié des éditions de ses chansons : bien avant, il lisait déjà les crédits des disques pour repérer les éditeurs et les gens de l’ombre. Il a aussi ouvert un compte Tipeee, où ses soutiens peuvent par exemple obtenir une séance de coaching.
Notre rencontre en ligne
C’est en ligne, lors d’une interview vidéo en direct, que L’Atelier de Cédric a reçu Grégoire, auteur-compositeur-interprète, depuis son studio, pour raconter aux artistes son parcours, du financement participatif à l’indépendance : l’écriture en français, la production à domicile, la sortie d’un album et la place des éditions.
Créer et sortir sa musique
Écrire en français
Nourri de culture anglo-saxonne, des Beatles aux États-Unis, il fait pourtant une chanson très française. « J’adore les ritournelles. » « Toi + Moi » en est une, qui rappelle les comptines de l’enfance. Mais en français, on ne peut pas écrire léger aussi facilement qu’en anglais sans paraître naïf. Le français demande plus de précision : une vraie exigence sur les paroles et une attention particulière à la musicalité. Stromae a pourtant montré qu’une chanson en français peut être écoutée partout : tout est affaire de production. Il constate d’ailleurs un vrai renouveau de la chanson en français, avec Angèle, Clara Luciani ou Juliette Armanet.
Du financement participatif au home studio
Sur My Major Company, les internautes achetaient des parts de son album et gagnaient de l’argent en fonction des ventes : l’artiste gardait un lien direct avec son public, et le risque était partagé, contrairement au modèle classique des maisons de disques. En 2008, le financement participatif était encore tout récent, bien avant Ulule, KissKissBankBank ou Tipeee. Interrogé sur les NFT, il se dit ouvert aux propositions. Aujourd’hui, il produit presque tout chez lui, avec des instruments virtuels, et ne loue un studio qu’une journée, pour un vrai piano ou un quatuor à cordes : on ne peut plus se permettre des mois de studio, et travailler chez soi réduit les coûts, fait gagner du temps et laisse créer à toute heure. Sortir un album physique reste utile : cela crée une actualité et une histoire à raconter aux médias, et une partie de son public achète encore des disques, notamment en concert.
Création ou promotion
Il a arrêté ses vidéos hebdomadaires pour se consacrer à son album : chacune demandait plusieurs jours et cassait sa dynamique de création. Il n’a jamais été aussi facile de produire de la musique, ni aussi difficile d’émerger : il y a tellement d’artistes qu’il faut créer un moment autour d’une sortie, en accordant album, promotion et concerts, et les playlists tournent sur une quarantaine de titres. Les médias, eux, ne reçoivent un artiste qu’une fois par sortie, les passages à la télévision sont rares, et depuis la crise sanitaire les salles programment un an à l’avance. Au moment de l’interview, il triait une trentaine de chansons écrites sur dix ans pour en garder dix à quinze, et préparait un spectacle intimiste : un récit ponctué de chansons, acoustique et folk, à trois sur scène, pour des salles de 300 à 400 places.
Le son et les éditions
Pour lui, une chanson repose aujourd’hui sur deux piliers : l’écriture (texte, mélodie, structure) et la production (couleur sonore, textures, arrangement). Il veut des productions qui accrochent l’oreille, étudie ce qui se fait aujourd’hui, d’Ed Sheeran à The Weeknd, regarde toujours les crédits pour repérer les arrangeurs, et cherche des collaborateurs venus d’autres styles pour hybrider sa musique. Garder ses éditions, au moins à 50 %, permet d’avoir son mot à dire sur l’usage de ses chansons, par exemple en publicité, et assure des revenus qui aident à continuer sa carrière.
Ses conseils
Faire des rencontres, être audacieux en contactant des artistes et des producteurs, même inconnus, trouver des producteurs disponibles sur internet, sur Fiverr ou SoundCloud, former une équipe, avec beatmaker, harmoniste, topliner et parolier, comme le font les auteurs de tubes mondiaux, et surtout finir ses morceaux : « C’est bien de faire 130 textes, mais s’ils ne sont pas finis ça sert à rien. »
Et ensuite
En décembre 2023, Grégoire publie « Le monde est à nous » et annonce Vivre, son huitième album studio, sorti en janvier 2024. En 2025, des concerts sont annoncés à La Nouvelle Ève, à Paris. En avril 2026, il dévoile « On s’trouvera un endroit », un titre folk-pop, et présente en juin « Vivre – Tournée » à L’Européen, à Paris.
Ce que son parcours inspire
Du premier album financé par les internautes à un studio où il produit lui-même sa musique : le parcours de Grégoire rappelle aux artistes qu’une carrière se construit en restant maître de ses chansons, et qu’une chanson ne compte que lorsqu’elle est finie.
Questions fréquentes
Qui est Grégoire ?
Un auteur-compositeur-interprète révélé en 2008 par l’album Toi + Moi, financé par les internautes sur My Major Company et certifié diamant. Il a publié depuis plusieurs albums, dont Le Même Soleil et Vivre, et produisait, au moment de l’interview, sa musique dans son studio.
Comment fonctionnait My Major Company ?
Les internautes achetaient des parts de l’album d’un artiste et gagnaient de l’argent en fonction de ses ventes. Pour Grégoire, 347 internautes ont réuni 70 000 €.
Pourquoi garder ses éditions ?
Selon Grégoire, garder au moins la moitié de ses éditions permet d’avoir son mot à dire sur l’usage de ses chansons, par exemple en publicité, et assure des revenus pour continuer sa carrière.
Comment L’Atelier de Cédric l’a-t-il reçu ?
En ligne, lors d’une interview vidéo en direct, depuis son studio, consacrée à son parcours d’auteur-compositeur-interprète indépendant.
Pour aller plus loin
- Le site officiel de Grégoire
- Grégoire sur Wikipédia
- La fiche de Michael Goldman, cofondateur de My Major Company
- Label et production musicale : notre guide
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À propos de L’Atelier de Cédric
L’Atelier de Cédric est une série de rencontres avec les professionnels du music business, menée par Cédric Tilèpe, fondateur de TEMPO Formation (organisme de formation certifié Qualiopi). Chaque échange explore un parcours, un métier et des conseils concrets pour les artistes et les entrepreneurs de la musique.
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