Michael Goldman
Un parcours entre création, édition et entrepreneuriat
Né le 24 juillet 1979 à Paris, Michael Goldman est le fils du chanteur Jean-Jacques Goldman et de Catherine Morlet, psychologue pour enfants. Enfant, il se passionne pour les jeux vidéo, le rap et la musique électronique — des influences qui marqueront sa sensibilité. Après l'École alsacienne, un bac ES et un DEUG d'économie à Panthéon-Assas abandonné en 1999, il se consacre pleinement à ses projets.
C'est par son oncle Robert Goldman, producteur et compositeur, qu'il décroche un stage à la direction artistique de BMG, avant d'y être recruté comme directeur artistique junior. En 2002, avec Anthony Marciano et Sevan Barsikian, il fonde la société d'édition musicale Bamago.
Parallèlement, il écrit des chansons sous le pseudonyme de Michel Godebama, signant ou co-signant plusieurs succès : « Je me sens vivre » d'Amel Bent, « Petite sœur » de Lââm ou « Sois beau et tais-toi » pour Indra. En 2006, Amel Bent, Lââm et Yannick Noah, édités par Bamago, obtiennent un disque d'or ; Bamago produit aussi le spectacle de stand-up de Max Boublil. Depuis 2022, il dirige par ailleurs la Star Academy, des saisons 10 à 13, en mettant l'accent sur l'accompagnement artistique et la préparation au métier.
Revoir la rencontre en vidéo
Quelques images de la rencontre avec Michael Goldman.
Pour aller plus loin : Wikipédia · My Major Company · Tipeee
MyMajorCompany : quand le crowdfunding a changé la musique
En 2007, il s'associe à Simon Istolainen pour fonder MyMajorCompany, premier site français de financement participatif dédié à la musique, dont il reste Directeur Général. Le principe est alors inédit : permettre au public de financer directement un artiste. Dès 2008, la plateforme révèle Grégoire, premier artiste financé par les internautes et plus gros vendeur de disques en France en 2009. En 2012, le label produit Génération Goldman, album de reprises de Jean-Jacques Goldman porté par Zaz, Amel Bent ou M. Pokora.
Le modèle a ses limites, qu'il analyse lucidement : le public attend souvent un retour financier, comme un placement ; gérer plusieurs artistes est difficile ; l'échec génère de la frustration. Un modèle vertueux, mais très dépendant du contexte — marché physique hier, streaming aujourd'hui. En 2016, la plateforme met fin à son activité de financement participatif pour se recentrer sur la production d'artistes.
Tipeee et Clipeee : financer et promouvoir autrement
Avec Tipeee, les fans soutiennent directement les créateurs, sans intermédiaire ni dépendance à la publicité. Certains y gagnent plus de 10 000 € par mois, pour un panier moyen d'environ 12 € — l'équivalent numérique du « chapeau » de la rue.
Clipeee répond à un autre constat : un clip à 30 000 € peut ne faire que 200 vues. Le principe : un artiste paie pour promouvoir son clip auprès d'utilisateurs qui le regardent volontairement, générant des vues qualifiées, des commentaires et une vraie découverte. Ici, la vue est engagée, pas passive.
Le rôle du producteur aujourd'hui
Pour Michael Goldman, le producteur est d'abord celui qui prend le risque financier — « un bon producteur, c'est quelqu'un qui fait des chèques » — mais pas seulement : il porte aussi les choix artistiques, la stratégie marketing et le développement de carrière.
Le métier a changé. Hier, les majors détenaient un pouvoir central et un accès verrouillé au marché. Aujourd'hui, l'autonomie des artistes, la démocratisation des outils et l'explosion du streaming ont rebattu les cartes : tout le monde peut produire, mais peu savent développer une carrière. Les majors, elles, interviennent désormais plus tard — après le développement — pour amplifier médiatiquement et transformer un succès émergent en succès massif.
Promotion, timing et stratégie : ce qui fait un succès
Contrairement aux idées reçues, les méthodes traditionnelles restent efficaces : attachés de presse, radio, TV et médias gardent leur poids, le digital venant en complément plutôt qu'en remplacement. Mais l'élément décisif est le timing : un succès naît d'un alignement entre le bon moment, le bon média et le bon contexte. Le cas Grégoire l'illustre — crise du disque, émergence du web et histoire forte à raconter.
Quelques arbitrages stratégiques reviennent : les réseaux sociaux ne sont pas obligatoires mais s'imposent selon le public visé ; dans la grande majorité des cas le succès du disque précède le live, même si certains émergent par la scène et que le streaming peut relancer un titre des années plus tard ; et le choix du français ou de l'anglais dépend du marché visé — le français bénéficiant des quotas radio et d'une concurrence moindre.
Les conseils de Michael Goldman
Un fil conducteur : le réseau est indispensable — médias, producteurs, distributeurs, attachés de presse — et le producteur doit s'y impliquer personnellement. Ses recommandations : comprendre à qui l'on s'adresse, travailler son positionnement et rester cohérent avec son public, multiplier les points de contact, accepter la part de chance. Car ni le talent, ni la stratégie, ni le timing ne suffisent isolément : c'est leur combinaison qui crée le succès. Et pour tenir dans la durée, il faut s'entourer, se structurer et se former.
Questions fréquentes sur Michael Goldman
Qui est Michael Goldman ?
Michael Goldman (né le 24 juillet 1979 à Paris) est un producteur et éditeur musical français, fils du chanteur Jean-Jacques Goldman. Cofondateur de Bamago (édition musicale, 2002), de MyMajorCompany (premier site de financement participatif musical français, 2007) et de Tipeee, il intervient dans les formations TEMPO Formation sur la production et le music business.
Qu’est-ce que MyMajorCompany ?
MyMajorCompany, cofondée par Michael Goldman en 2007, est le premier site français de financement participatif dédié à la musique. La plateforme a révélé Grégoire en 2008 — artiste financé par les internautes, il devient le plus gros vendeur de disques en France en 2009. En 2016, MMC cesse le crowdfunding pour se recentrer sur la production d’artistes.
Quel est le rôle d’un producteur de musique ?
Pour Michael Goldman, le producteur est avant tout celui qui prend le risque financier, mais il porte aussi les choix artistiques, la stratégie marketing et le développement de carrière. Pour en comprendre tous les rouages, voir notre guide complet sur le métier de producteur de musique.
Comment structurer son projet musical en indépendant ?
Michael Goldman insiste sur l’importance de se structurer : bien s’entourer, comprendre les rouages du métier et bâtir une vraie organisation. Pour les artistes indépendants, monter son label de musique est souvent l’étape-clé pour gagner en crédibilité et autonomie.
Bien s'entourer, comprendre les rouages du métier et bâtir une vraie structure : c'est ce qui fait la différence dans la musique. La formation TEMPO Structuration t'accompagne pas à pas pour bâtir ta structure d'artiste.
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