Martin Munier
Présentation
Martin Munier fait partie de ces professionnels dont le métier ne se voit jamais depuis la salle : il fabrique les lieux où la musique se joue. Organisateur d’événements devenu entrepreneur de la nuit, il a dirigé artistiquement le Badaboum avant de co-fonder le Sacré, discobar parisien de la rue Montmartre.
Des soirées éphémères à la production d’événements
Son parcours commence dans l’événementiel indépendant. Organisateur freelance à Paris, il crée Le Zoo Club de Paris, un projet de soirées éphémères qui produit une dizaine d’événements — au Divan du Monde, à la Favela Chic, au Culture Hall, au 6B — et en co-produit une quinzaine d’autres, chez Régine’s, à la Seine Bastille ou au Scopitone. Il lance dans la foulée Cliché, un concept d’événements éphémères mené sur trois saisons.
En parallèle, il pilote WTM, le label de Costes Products, comme organization manager : management d’artistes, tournées mondiales, festivals et clubs, trois albums et sept EP vinyles suivis de la création à la distribution, organisation des showcases du label, et le community management d’une base de seize mille personnes.
Le Badaboum : la direction artistique d’une salle
Pendant près de cinq ans, il est directeur artistique du Badaboum, salle de concert et discothèque de Paris Bastille. Le poste couvre tout ce qui fait la vie d’un lieu : prise de contact et négociation des contrats avec les agents et les managers, logistique de transport et accueil des artistes, mais aussi charte graphique de l’établissement, stratégie de communication, plan média et partenariats, avec le management de l’équipe de communication et du community manager.
C’est aussi une période de conception : développement de concepts d’événements, conseil et programmation de soirées pour des marques comme Heineken, Desperados ou Absolut, et la création puis la programmation de la scène La La Land au festival We Love Green, devant quarante-cinq mille participants.
Le Sacré : co-fonder un lieu
Il est aujourd’hui co-fondateur du Sacré, rue Montmartre — « plus qu’une discothèque, un discobar », selon sa propre formule. Le lieu s’est installé dans le paysage de la nuit parisienne avec une programmation ouverte aux DJs, aux collectifs et aux artistes émergents comme confirmés, en misant sur la qualité sonore, la scénographie et l’expérience du public.
Formation
Martin Munier est diplômé de l’EMLV — École de Management Léonard de Vinci, en master de marketing spécialisé B2B, où il a été responsable événementiel du bureau des élèves. Il a également étudié à la Högskolan i Skövde, en Suède, où il a obtenu un bachelor en business et administration, avec un mémoire consacré au web marketing international.
Notre rencontre au Studio Bleu
L’Atelier de Cédric a reçu Martin Munier au Studio Bleu, pour un échange consacré à la direction artistique d’un lieu et à la relation entre les salles et les artistes.
Faire tourner une salle, c’est arbitrer en permanence entre ambition artistique et contraintes économiques. Il a raconté les coulisses de ce travail : comment se choisit un artiste, comment se construit une relation dans la durée, et ce qui fait qu’une soirée reste dans les mémoires. Beaucoup d’artistes ignorent comment les lieux fonctionnent vraiment ; sa parole ouvre une fenêtre rare sur ce versant du métier, et rappelle que la relation avec les diffuseurs se bâtit avec le temps, la constance et le professionnalisme.
Questions fréquentes
Qui est Martin Munier ?
Martin Munier est un professionnel des lieux de musique parisiens. Co-fondateur du Sacré, discobar de la rue Montmartre, il a auparavant été directeur artistique du Badaboum, salle de concert et discothèque de Paris Bastille, après plusieurs années d’organisation d’événements en indépendant.
Quel est son rôle au Sacré ?
Il en est le co-fondateur. Le Sacré se présente comme « plus qu’une discothèque, un discobar » : un lieu à la programmation ouverte aux DJs, aux collectifs et aux artistes émergents comme confirmés, attentif à la qualité sonore, à la scénographie et à l’expérience du public.
Qu’a-t-il fait au Badaboum ?
Il y a assuré la direction artistique : contact et négociation des contrats avec les agents et les managers, logistique et accueil des artistes, charte graphique du lieu, stratégie de communication, plan média et partenariats, management de l’équipe de communication. Il y a aussi développé des concepts d’événements et créé la scène La La Land au festival We Love Green.
Que retenir de son parcours quand on est artiste ?
Que la relation avec un lieu se construit dans la durée. Un directeur artistique choisit rarement sur un seul morceau : il regarde la cohérence d’un projet, la fiabilité d’une équipe et la capacité à revenir. Comprendre les contraintes économiques d’une salle, c’est déjà savoir comment lui parler.
Pour aller plus loin
- Le Sacré — site officiel
- Producteur de spectacle, tourneur, booker : comprendre les métiers du live
- Tous les métiers de la musique
À propos de L’Atelier de Cédric
L’Atelier de Cédric est une série de rencontres avec les professionnels du music business, menée par Cédric Tilèpe, fondateur de TEMPO Formation (organisme de formation certifié Qualiopi). Chaque échange explore un parcours, un métier et des conseils concrets pour les artistes et les entrepreneurs de la musique.
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