Maxime de Abreu
Présentation
Maxime de Abreu a été journaliste musique aux Inrockuptibles, où il a coordonné la rubrique musique du magazine. Spécialiste de la nouvelle scène, notamment française, il y signait interviews, reportages et portraits au long cours.
Notre rencontre à Radio Campus Paris
C’est au micro de L’Atelier radiophonique, sur Radio Campus Paris, que L’Atelier de Cédric a reçu Maxime de Abreu, alors journaliste et coordinateur de la rubrique musique des Inrocks, avec Mathieu Alterman, journaliste pour Schnock et Europe 1, et Patrice Bardot, directeur des rédactions de Tsugi, qui participait par téléphone, pour une émission consacrée au journalisme musical.
Le journalisme musical vu des Inrocks
Un journaliste avant tout
Pour Maxime de Abreu, « un journaliste de musique, c’est un journaliste avant tout ». Il rapporte des faits, défriche l’actualité et la rend compréhensible pour ses lecteurs, ce que beaucoup oublient, happés par le monde de la musique. Il sépare nettement l’exercice critique, qui exprime une subjectivité, du journalisme : reportage, interview, portrait. Il a ainsi consacré un long portrait à Gaël Faye, un artiste qu’il n’écoute pas chez lui mais qu’il trouve passionnant : il l’a interviewé plusieurs fois, a parlé à son entourage et l’a suivi pendant deux semaines, en concert, en coulisses et jusqu’au Salon du livre. Que l’article dise ou non s’il aime sa musique n’a aucune importance. S’il admet qu’un journaliste est d’abord guidé par ce qu’il aime, il l’explique aussi par une économie journalistique réduite : des équipes culture et des pages limitées, une force de travail comptée même sur le web, et donc un temps et une place que l’on consacre volontiers à ce que l’on aime.
Découvrir, choisir, relayer
Ses découvertes viennent de YouTube, de Spotify et des festivals spécialisés dans la découverte, comme les Trans Musicales ou les Bars en Trans. Les attachés de presse, eux, lui sont indispensables pour accéder aux artistes, mais lui font rarement découvrir un projet. Face à la masse des groupes qui émergent, il en découvre au moins un par jour, et la rédaction cherche l’équilibre entre artistes confirmés et découvertes. La rubrique musique des Inrocks tenait sur une petite dizaine de pages, avec les grands formats en première partie du magazine : portraits, reportages, grandes interviews, sujets de couverture. La couverture revient en général à un artiste très connu, mais la rédaction s’autorise parfois une expérimentation, comme lorsqu’elle a mis Jacques et Fishbach en une, des artistes que certains lecteurs allaient peut-être écouter pour la première fois. Le choix de relayer une information se fait « organiquement », en discutant au sein de la rédaction, entre les artistes que le journal défend depuis longtemps et les projets plus récents qu’il soutient artistiquement.
Ce qu’un article change pour un jeune artiste
Maxime de Abreu ne se place pas du côté du business, mais son métier le met au contact des artistes, des attachés de presse et des labels. Certains lui disent qu’un article dans les Inrocks leur a permis de trouver un tourneur ou un label ; un manager lui a même expliqué que des tourneurs demandent à voir l’article avant de s’engager avec un artiste. Pour lui, l’enjeu d’un article n’est pas tant de faire découvrir que de donner à un projet une assise pour se développer. Il reconnaît, « hélas », que la presse musicale est très lue par les professionnels, alors qu’il aimerait qu’elle ne soit pas la gazette officielle du milieu de la culture : les Inrocks s’adressent d’abord à des lecteurs qui s’intéressent vraiment à la culture. Son conseil aux jeunes artistes : « Il faut être sincère et rester vrai. » Ne pas se soucier des journalistes, croire à son projet, y aller à fond et sortir sa musique.
Ce que son parcours inspire
Aux Inrocks, Maxime de Abreu défendait un journalisme qui informe avant de juger : son regard rappelle aux artistes qu’un article pèse surtout auprès des professionnels qui les entourent, et que la meilleure façon d’intéresser un journaliste reste de faire, sincèrement, sa propre musique.
Questions fréquentes
Qui est Maxime de Abreu ?
Un journaliste musique, spécialiste de la nouvelle scène, notamment française. Aux Inrockuptibles, il a coordonné la rubrique musique du magazine.
Quelle différence fait-il entre critique et journalisme ?
La critique exprime une subjectivité ; le journalisme, par le reportage, l’interview ou le portrait, peut s’en passer. Il a par exemple consacré un long portrait à Gaël Faye sans que son goût pour sa musique ait à apparaître.
Un article dans la presse musicale aide-t-il un jeune artiste ?
Selon Maxime de Abreu, un article sert moins à faire découvrir qu’à donner une assise au développement d’un projet : des labels et des managers lui ont dit qu’un article dans les Inrocks les avait aidés à trouver un tourneur ou un label.
Où L’Atelier de Cédric l’a-t-il reçu ?
Au micro de L’Atelier radiophonique, sur Radio Campus Paris, avec Mathieu Alterman et Patrice Bardot, pour une émission consacrée au journalisme musical.
Pour aller plus loin
- La fiche de Patrice Bardot, Tsugi
- La fiche de Mathieu Alterman, journaliste
- Journaliste musique : rôle, influence et impact sur les artistes
- Les métiers de la musique : notre guide
Dans le même métier
L’Atelier de Cédric a aussi reçu ces professionnels du journalisme et des médias :
Le métier de journaliste musique : notre guide · Tous les professionnels du journalisme et des médias reçus par L’Atelier de Cédric
À propos de L’Atelier de Cédric
L’Atelier de Cédric est une série de rencontres avec les professionnels du music business, menée par Cédric Tilèpe, fondateur de TEMPO Formation. Chaque échange explore un parcours, un métier et des conseils concrets pour les artistes et les entrepreneurs de la musique.
Découvrez les dernières rencontres en vidéo
Pour aller plus loin, L’Atelier de Cédric propose une chaîne YouTube riche en interviews et échanges avec des professionnels de la musique.
👉 Accédez directement à la playlist des dernières rencontres :
🔔 Abonnez-vous pour découvrir d’autres parcours, retours d’expérience et discussions autour du management, de la promotion et de la création artistique.
Bien s'entourer, comprendre les rouages du métier et bâtir une vraie structure : c'est ce qui fait la différence dans la musique. La formation TEMPO Structuration t'accompagne pas à pas pour bâtir ta structure d'artiste.
Découvrir TEMPO Structuration →Clarifier mon projet en 2h