Thomas Jamois

Directeur général France · Wise Music Group
Thomas Jamois, éditeur de musique

Présentation

Thomas Jamois est éditeur de musique. Directeur général de Wise Music France depuis 2024, il est aussi le fondateur de la maison d’édition indépendante Velvetica Music, créée en 2011, et administrateur de la Sacem. Il travaille dans l’édition et la synchronisation depuis la fin des années 1990.

Tricatel et Naïve

De 1998 à 2003, il est label manager et éditeur chez Tricatel, aux côtés de Bertrand Burgalat, qui lançait alors son label. Il y découvre l’édition : pour un label qui dépensait plus que ses moyens, la synchro, la musique originale pour la publicité et le cinéma et l’écriture pour d’autres artistes ont été une source de revenus salvatrice. En 2003, il rejoint Naïve, qui développait son activité éditoriale un an après le succès de Carla Bruni. Responsable de l’édition et de la synchronisation jusqu’en 2011, il y travaille avec Asa, Moriarty, Brisa Roché ou Alex Beaupain, et sur plus de trente bandes originales, dont Les Chansons d’amour, Un conte de Noël, Exils et Va, vis et deviens. C’est là qu’il se découvre un goût pour le lien entre la musique et l’image.

Velvetica Music

En janvier 2011, il fonde Velvetica Music, seul au départ, sur deux axes : la gestion éditoriale pour les producteurs audiovisuels, en particulier de films, et la supervision musicale, c’est-à-dire la gestion des budgets musique au sein des films. De 2011 à 2016, il est aussi superviseur musical chez Creaminal, notamment pour la série Les Revenants et le film L’Écume des jours. Velvetica développe l’administration éditoriale et la sous-édition, pour l’audiovisuel (Pathé, Gaumont, Orange, Banijay) comme pour la pop (Lomepal, Phoenix, Caravan Palace, JB Dunckel, Yuksek, Carla Bruni). Depuis 2014, il dirige aussi Think Brazil Music Europe, qui représente en Europe le répertoire de l’éditeur brésilien Grupo Arlequim : Jorge Ben, Chico Buarque, Caetano Veloso, Gilberto Gil.

Au service de la profession

Membre du conseil de la CSDEM, la Chambre syndicale de l’édition musicale, depuis 2012, il en est vice-président de 2014 à 2020 et y préside la commission du droit d’auteur. À la Sacem, il siège de 2013 à 2020 à la commission audiovisuelle, qu’il préside à trois reprises, puis à la commission de la création. Il a aussi été administrateur de l’IMPF, le forum international des éditeurs indépendants, et participe depuis 2017 au forum des éditeurs de la CISAC.

Notre première rencontre au Studio Bleu

C’est au Studio Bleu, à Paris, que L’Atelier de Cédric a reçu Thomas Jamois, alors superviseur musical chez Creaminal, pour une rencontre professionnelle avec des artistes autour de son métier. Sur le même créneau, L’Atelier de Cédric recevait aussi Jeff Génie, agent de compositeurs pour le cinéma à l’agence Gloria.

Notre rencontre en ligne

C’est en ligne, lors d’une interview vidéo en direct, que L’Atelier de Cédric a de nouveau reçu Thomas Jamois, alors éditeur, fondateur de Velvetica Music et président de la commission administrative de la CSDEM, pour expliquer aux artistes à quoi sert un éditeur de musique : le droit d’auteur, la Sacem, la sous-édition et la façon de récupérer tous ses droits.

L’édition musicale, mode d’emploi

Le premier métier de la filière

L’édition reste mal connue, même dans les maisons de disques, où on la réduit souvent au « 360 ». Pourtant, « le métier d’éditeur, c’est le premier métier de la filière musicale » : avant l’enregistrement, il y avait les partitions. L’éditeur a ensuite fait le lien entre auteurs et interprètes, financé des musiques de films et créé des départements synchro bien avant les maisons de disques. Le métier a deux faces. La partie créative : direction artistique, rencontres avec d’autres auteurs et compositeurs, accompagnement vers l’image, en musique originale ou en synchro. La partie administrative : dépôts à la Sacem, suivi et vérification de la remontée des droits, décomptes aux ayants droit. Celle-ci peut être confiée à un gestionnaire : Velvetica proposait alors ses services à la carte.

Un partenaire dès le début

Il n’y a pas de chemin tout tracé : un éditeur peut être le premier partenaire d’un artiste dans la chaîne professionnelle, avant même les maquettes, et devenir parfois label ou booker par défaut. Chez Velvetica, expliquait-il, le 360 se faisait par envie artistique, pour accompagner un auteur jusqu’au bout, plutôt que par intérêt financier. Qu’un manager ou un tourneur prenne la casquette d’éditeur ne le choque pas, à condition d’avoir accompagné l’artiste, artistiquement et financièrement, dès la création. Il distingue trois configurations : l’édition ou la coédition, la gestion, avec une obligation de résultat sur l’administratif et de moyens sur le créatif, et la sous-édition, où un éditeur représente un catalogue étranger sur son territoire et veille, sur place, au suivi des exploitations. Velvetica représentait ainsi en France des catalogues japonais de musiques de mangas et d’animés.

Droit d’auteur et copyright

La France est le pays du droit d’auteur, instauré par Beaumarchais, avec un droit moral inaliénable. Le copyright anglo-saxon ne connaît pas ce droit moral et permet de céder une œuvre définitivement. Les droits patrimoniaux se divisent entre le droit de représentation, pour l’exécution publique (concerts, radio, télévision), et le droit de reproduction, les droits mécaniques. Avec le buy-out pratiqué à Hollywood, le compositeur renonce à l’essentiel de ses droits, notamment mécaniques, ce qui rend les compositeurs européens moins compétitifs pour les producteurs de films et de jeux vidéo.

La Sacem, les irrépartissables et l’ISWC

Pour Thomas Jamois, la Sacem est « clairement la meilleure société de collecte au monde », là où le morcellement des sociétés américaines les affaiblit. Elle répartit une partie des droits au réel, sur les programmes déclarés, et une autre par sondage et par analogie. Les irrépartissables viennent surtout d’œuvres non déposées ou non identifiées, déclarées sous le seul nom de l’interprète. D’où son conseil déterminant : déposer ses œuvres au plus tôt, au plus tard le mois qui suit la première exploitation en ligne. Les label copies envoyées aux plateformes partent avec un code ISRC, celui de l’enregistrement ; il milite pour qu’elles partent aussi avec l’ISWC, le code de l’œuvre, obtenu par un dépôt en amont, le dépôt en ligne étant bien plus rapide que la voie papier. Sans éditeur, on peut télécharger son catalogue depuis le portail de la Sacem, vérifier les pourcentages, consulter les œuvres non identifiées et les données de diffusion, puis écrire au service de vérification. À la CSDEM, la commission administrative qu’il présidait faisait remonter chaque trimestre à la Sacem les problèmes rencontrés sur le terrain ; la chambre syndicale proposait aussi des contrats types et défendait un crédit d’impôt pour les éditeurs. De nouvelles exploitations, comme les podcasts ou la publicité géolocalisée, demandent encore des outils adaptés.

Son conseil aux créateurs

N’attendre rien de personne d’autre que soi-même, être le plus créatif et le plus identifiable possible pour se démarquer. Un artiste peut aujourd’hui mettre lui-même sa musique en ligne, mais doit trouver des façons créatives de se faire repérer : « Je crois toujours plus au décalage qu’aux copies. » Au moment de l’interview, il annonçait sa candidature au conseil d’administration de la Sacem, avec pour premier combat le rapprochement des codes ISRC et ISWC.

Et ensuite

En 2021, Thomas Jamois est élu administrateur de la Sacem, où il est vice-président du conseil en 2023-2024. Administrateur de la SDRM en 2024-2025, il retrouve le conseil de la Sacem en 2025 et en devient le trésorier pour 2026-2027. En 2024, il est nommé directeur général de Wise Music France, qui réunit en France les catalogues du groupe, comme Première Music, les Éditions Alphonse Leduc ou Campbell Connelly ; Johanna Bisac lui succède à la direction de Velvetica. En 2025, Velvetica Music se rapproche de 22D Music Group. En 2026, il est reconduit au conseil d’administration de la CSDEM, pour 2026-2028, au titre de Wise Music France.

Ce que son parcours inspire

De Tricatel à la direction de Wise Music France : le parcours de Thomas Jamois rappelle aux artistes qu’un éditeur peut être leur premier partenaire, et que bien déposer ses œuvres, tôt, compte autant que les créer.

Questions fréquentes

Qui est Thomas Jamois ?

Un éditeur de musique, fondateur de Velvetica Music en 2011 et directeur général de Wise Music France depuis 2024. Passé par Tricatel et Naïve, il est administrateur de la Sacem.

À quoi sert un éditeur de musique ?

À accompagner les auteurs et compositeurs sur le plan artistique, à placer leurs œuvres à l’image, en synchro ou en musique originale, et à gérer l’administratif : dépôts à la Sacem, suivi des droits et décomptes aux ayants droit.

Que sont les irrépartissables ?

Des droits collectés que la Sacem ne peut pas attribuer, le plus souvent parce que l’œuvre n’a pas été déposée ou n’est pas identifiée. Selon Thomas Jamois, il faut déposer ses œuvres au plus tôt et relier le code ISWC de l’œuvre au code ISRC de l’enregistrement.

Où L’Atelier de Cédric l’a-t-il reçu ?

Au Studio Bleu, avec Jeff Génie, de l’agence Gloria, puis en ligne, lors d’une interview vidéo en direct consacrée au métier d’éditeur de musique.

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À propos de L’Atelier de Cédric

L’Atelier de Cédric est une série de rencontres avec les professionnels du music business, menée par Cédric Tilèpe, fondateur de TEMPO Formation (organisme de formation certifié Qualiopi). Chaque échange explore un parcours, un métier et des conseils concrets pour les artistes et les entrepreneurs de la musique.

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