Un parcours singulier entre culture, territoire et création
Dans cet épisode de L’Atelier de Cédric, la rencontre avec Maxime Delauney permet de retracer le parcours d’un producteur indépendant dont la trajectoire épouse à la fois l’histoire récente du cinéma français et celle d’un engagement fort pour les territoires, en particulier la Normandie.
Producteur, entrepreneur culturel et acteur structurant du secteur audiovisuel, Maxime Delauney s’est imposé au fil des années comme une figure centrale du cinéma d’auteur et de la production indépendante, capable d’accompagner aussi bien des longs métrages grand public que des œuvres plus singulières.
Des débuts ancrés dans le conseil culturel et artistique
Dès juillet 2003, Maxime Delauney cofonde l’association Azzurri, aux côtés de Sébastien Pillet et Pierre-Olivier Madelaine. Cette structure a pour vocation de conseiller les organisateurs d’événements sportifs et culturels, marquant déjà un intérêt pour la structuration des projets artistiques et leur inscription dans des cadres professionnels solides.
Parallèlement, il représente et accompagne de nombreux artistes, auteurs-compositeurs et créateurs issus de la chanson, de la musique de film et de la scène contemporaine. Parmi eux figurent notamment Charlotte et Lulu Gainsbourg, Alex Beaupain, Nicolas Rey, Woodkid, Sinclair, Pierre Souchon, Alexis Rault, Marie-Amélie Seigner, Tom Graffin, Patrice Maktav, Jean-Michel Bernard, Alexandre Azaria, Michael Stevens, André Dziezuk, Beat Assailant, mais aussi des figures majeures comme Petula Clark, Jacques Higelin ou Sylvie Vartan.
Une immersion fondatrice dans le cinéma
Entre 2005 et septembre 2008, Maxime Delauney travaille chez Mon Voisin Productions, la société de Dominique Besnehard, en tant qu’assistant de production cinématographique. Cette période constitue une étape déterminante dans sa formation, au contact direct de la fabrication des films et de leurs enjeux artistiques et économiques.
En 2008, il participe à la création du Festival du Film Francophone d’Angoulême, aux côtés de Marie-France Brière et Dominique Besnehard, contribuant ainsi à l’émergence d’un événement devenu incontournable pour le cinéma francophone.
La même année, il rejoint l’agence artistique VMA, tout en s’engageant localement, notamment à Carentan, où il figure sur une liste municipale, signe d’un attachement durable à son territoire d’origine.
Vers la production : Nolita Cinéma et l’affirmation d’une vision
En février 2012, Maxime Delauney quitte VMA et cofonde Nolita Cinéma avec Romain Rousseau. La société se donne pour mission de produire des longs et courts métrages portés par une forte exigence artistique, tout en s’adressant à un large public.
Très vite, Nolita Cinéma s’impose dans le paysage français. En février 2015, Maxime Delauney remporte, en tant que coproducteur, le César du meilleur court métrage pour La Femme de Rio d’Emma Luchini et Nicolas Rey. Le même mois, Les Souvenirs de Jean-Paul Rouve dépasse le million d’entrées en salles.
Les années suivantes voient la sortie régulière de films marquants, parmi lesquels Comment c’est loin d’Orelsan ou Il a déjà tes yeux de Lucien Jean-Baptiste, confirmant la capacité de Nolita Cinéma à naviguer entre cinéma populaire et œuvres plus personnelles.
Festivals, télévision et diversification des formats
En octobre 2013, Maxime Delauney reprend le festival Tout un Foin, qu’il installe à Bayeux avec son fondateur Hugo Guillochin et plusieurs collaborateurs. En décembre 2016, il cofonde le festival Les Égaluantes, dédié au cinéma normand, à Carentan-les-Marais.
En juin 2018, il crée Nolita TV, afin de développer des séries et des documentaires. Parmi les projets notables figurent l’adaptation télévisée de Il a déjà tes yeux et plusieurs documentaires autour d’Orelsan ou d’Aïssa Maïga. La même année, Nolita TV est distinguée par une Étoile de l’audiovisuel pour sa production documentaire.
Une reconnaissance nationale et internationale
En 2021, Maxime Delauney est présent en sélection officielle au Festival de Cannes avec Jane par Charlotte, premier film réalisé par Charlotte Gainsbourg. Le film sera nommé au César du meilleur documentaire en 2023.
En février 2022, il remporte le Trophée du film français et la Victoire de la meilleure création audiovisuelle pour Orelsan, montre jamais ça à personne. En 2024 puis en 2025, il reçoit le Grand Prix du Festival de l’Alpe d’Huez pour Nous, les Leroy et Avignon, confirmant son ancrage dans le cinéma de comédie comme dans le cinéma d’auteur.
Il est ou a été membre de plusieurs commissions du CNC, d’Unifrance et de différentes instances régionales, participant activement aux réflexions collectives sur l’avenir du cinéma français.
L’intérêt professionnel de la rencontre
La rencontre avec Maxime Delauney dans L’Atelier de Cédric offre un éclairage précieux sur le métier de producteur aujourd’hui : la construction des projets sur le long terme, l’importance des réseaux, le rôle des territoires, mais aussi la nécessité de se réinventer sans cesse face aux évolutions du secteur audiovisuel.
Son parcours illustre une vision engagée de la production, où l’économie reste au service de la création et où le producteur agit comme un véritable passeur entre les artistes, les œuvres et le public.
À propos de L’Atelier de Cédric
L’Atelier de Cédric est une série de rencontres avec celles et ceux qui façonnent la création artistique et culturelle, souvent dans l’ombre. Chaque entretien vise à transmettre une vision concrète des métiers, des parcours et des choix qui structurent les industries créatives.
Retrouvez l’ensemble des interviews et les dernières rencontres sur la chaîne YouTube de L’Atelier de Cédric, notamment via la playlist dédiée :
Une invitation à comprendre la création de l’intérieur.












