Dans l’écosystème musical actuel, l’éditeur est souvent le grand oublié… et pourtant, c’est probablement l’un des acteurs les plus stratégiques.
Lors de son passage dans L’Atelier de Cédric, Thomas Jamois (fondateur de Velvetica Music) a livré une vision précise, concrète et sans langue de bois du métier d’éditeur aujourd’hui.
👉 Entre droits d’auteur, synchro, streaming et mutations digitales, voici un décryptage complet pour artistes, producteurs et professionnels.
Qu’est-ce qu’un éditeur musical aujourd’hui ?
Historiquement, l’éditeur musical est le premier métier de l’industrie musicale.
Avant même l’existence du disque :
- il publiait des partitions
- il accompagnait les compositeurs
- il faisait circuler la musique
Aujourd’hui, son rôle s’est transformé mais reste central.
👉 Un éditeur moderne, c’est :
- un développeur de carrière d’auteur/compositeur
- un partenaire créatif (DA, collaborations, co-writing)
- un expert des droits (collecte, tracking, optimisation)
- un accélérateur de revenus (synchro, musique à l’image)
💡 Comme le rappelle Thomas Jamois :
“L’éditeur est souvent le premier partenaire dans la chaîne professionnelle.”
Les 3 piliers du métier d’éditeur
1. 🎨 Le développement artistique
L’éditeur accompagne la création :
- mise en relation avec d’autres auteurs
- développement de répertoire
- travail pour d’autres artistes
- composition pour l’image
👉 C’est la dimension la plus sous-estimée.
2. 📺 La synchro et la musique à l’image
Deux grandes catégories :
- Synchro : placement de musique existante (film, pub, série)
- Musique originale : composition sur mesure
C’est souvent une source de revenus majeure.
3. 📊 L’administration et la collecte des droits
C’est le cœur invisible du métier :
- dépôts auprès de la SACEM
- suivi des exploitations
- vérification des royalties
- récupération des droits non distribués
👉 Sans ce travail, une partie des revenus est perdue.
Les “irrépartissables” : l’argent que vous ne touchez pas (encore)
Un point clé évoqué dans l’interview.
👉 Chaque année, une partie des droits n’est pas redistribuée correctement.
Pourquoi ?
- œuvres non déposées
- erreurs de metadata
- confusion entre interprètes et auteurs
- absence de correspondance entre enregistrements et compositions
💡 Résultat :
Des millions d’euros restent bloqués.
➡️ Le rôle de l’éditeur est justement de récupérer ces revenus cachés.
🌍 Droit d’auteur vs copyright : une différence fondamentale
En France :
- droit moral inaliénable
- l’auteur reste propriétaire de son œuvre
Dans le modèle anglo-saxon :
- possibilité de céder totalement ses droits (buy-out)
👉 Une différence essentielle pour les artistes.
Pourquoi l’éditeur redevient central avec le digital
Avec le digital, le métier évolue fortement :
Explosion du streaming
- +60 000 titres uploadés chaque jour
- metadata souvent incorrectes
- pertes de revenus massives
Nouveaux usages
- podcasts
- réseaux sociaux
- publicité ciblée
- streaming vidéo
👉 Résultat :
La complexité augmente… et le rôle de l’éditeur devient indispensable.
⚠️ Le problème majeur aujourd’hui : les données
Un point clé soulevé par Thomas Jamois :
👉 Les plateformes exploitent des œuvres… sans toujours savoir à qui elles appartiennent.
Pourquoi ?
- données fournies par les labels (label copy)
- informations parfois incomplètes ou erronées
💡 Solution :
- déposer ses œuvres le plus tôt possible
- structurer ses metadata
- relier correctement :
- ISRC (enregistrement)
- ISWC (composition)
Faut-il un éditeur quand on débute ?
👉 Réponse : pas forcément… mais c’est un avantage.
Un éditeur peut :
- être le premier partenaire
- financer la création
- ouvrir des opportunités
- développer des revenus parallèles
Mais :
- tous les artistes ne passent pas par là
- certains commencent avec un manager ou un label
👉 Il n’y a pas de parcours unique.
Sans éditeur : comment récupérer ses droits ?
Quelques actions essentielles :
✔️ 1. Vérifier son catalogue SACEM
- dépôts
- pourcentages
- ayants droit
✔️ 2. Explorer les œuvres non identifiées
- base disponible en ligne
✔️ 3. Analyser les données de diffusion
- radios
- TV
- streaming
✔️ 4. Faire des réclamations
- auprès de la SACEM
👉 Un travail long… mais crucial.
Les nouveaux modèles hybrides
Aujourd’hui, les frontières bougent :
- éditeurs → labels
- managers → éditeurs
- artistes → entrepreneurs
👉 On parle de plus en plus de modèles 360°… mais artistiques.
Comme le dit Thomas Jamois :
“On ne fait pas du 360 pour l’argent, mais pour accompagner l’artiste.”
Conseil clé pour les artistes
Le message final est clair :
👉 N’attendez personne.
- créez
- démarquez-vous
- soyez constants
- développez votre identité
Dans un marché saturé :
la différenciation est votre meilleur levier.
Conclusion
L’éditeur musical n’est pas un simple “collecteur de droits”.
C’est :
- un partenaire stratégique
- un développeur de carrière
- un garant de vos revenus
- un acteur clé dans un monde musical de plus en plus complexe
👉 Dans un environnement où tout s’accélère, comprendre l’édition n’est plus une option… c’est une nécessité.



