L’Atelier de Cédric avec Pierre-Michel Levallois / BAM Music – De la French Touch à la librairie musicale

par | Avr 7, 2026

Un parcours entre hype et structuration

Dans cet épisode de L’Atelier de Cédric, j’ai eu le plaisir d’échanger avec Pierre-Michel Levallois, président de BAM Music.
Un acteur clé d’un secteur souvent méconnu : la librairie musicale (production music).

Son parcours traverse plusieurs époques de l’industrie :

  • La French Touch des années 90
  • Le label indépendant
  • Les majors (Universal Publishing)
  • Et aujourd’hui, l’entrepreneuriat indépendant

De la French Touch à la production music

Avant BAM, Pierre-Michel évolue au cœur de la scène électro française avec le label Solid, aux côtés de figures comme Étienne de Crécy, et travaille sur des projets liés à Air.

Mais au début des années 2000, le contexte change :

  • Crise du disque
  • Piratage massif
  • Chute des investissements

👉 Résultat : nécessité de se réinventer.

C’est là qu’il découvre un secteur alors peu valorisé : la librairie musicale.

“À l’époque, c’était tout sauf hype. Mais justement… il y avait tout à construire.”


La librairie musicale : un métier mal compris

La production music, c’est un modèle simple en apparence :

👉 Proposer des musiques prêtes à l’emploi pour l’image
(pub, TV, cinéma, contenus digitaux)

Mais derrière, il y a une vraie mécanique :

Les 3 options pour utiliser de la musique à l’image :

  1. Composer sur mesure
    • coûteux
    • long
    • incertain
  2. Licencier un titre connu
    • très cher
    • complexe juridiquement
    • parfois impossible
  3. Passer par une librairie musicale
    • rapide
    • budget maîtrisé
    • droits sécurisés

👉 C’est là que BAM intervient.


Le modèle BAM : qualité vs volume

Face aux majors (comme Universal Production Music), BAM fait un choix stratégique :

❌ Pas de logique de volume

✅ Une logique de curation

“Personne n’a besoin d’un million de titres.
50 000 bons titres couvrent 95 % des besoins.”

Le positionnement :

  • Catalogue resserré (≈ 100 000 titres)
  • Forte exigence sonore
  • Direction artistique précise
  • Accompagnement humain

👉 Une approche “concept store” plutôt que “supermarché”.


Le vrai rôle de la librairie aujourd’hui

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas de la musique “au mètre”.

C’est :

  • un travail éditorial
  • une compréhension des usages (montage, narration, rythme)
  • une expertise du rapport musique/image

“Notre mission, c’est d’aider un monteur à rendre son contenu meilleur.”


Une musique pensée pour l’image

La librairie ne suit pas la pop.

Elle crée ses propres codes :

  • musiques de tension
  • habillages TV
  • formats sport
  • underscore narratif

Inspirations possibles :

  • cinéma
  • séries
  • tendances sonores globales

👉 Mais toujours adaptées à un usage précis.


L’IA : menace ou opportunité ?

Sujet incontournable.

Pierre-Michel est lucide :

👉 Oui, l’IA va transformer le métier
👉 Non, elle ne va pas le remplacer

Pourquoi ?

  • les besoins sont spécifiques
  • les délais sont courts
  • la précision est essentielle

“Un monteur ne veut pas un résultat ‘correct’.
Il veut quelque chose de parfaitement adapté.”

👉 L’expertise humaine reste clé.


Les compositeurs : un marché saturé

Message clair pour les artistes :

  • beaucoup de demandes
  • peu de places
  • exigence très élevée

Ce qui fait la différence :

✅ créativité
✅ compréhension de l’image
✅ niveau de production pro
❌ les “fonds de tiroir”

“Les b-sides ne marchent pas.
Il faut des tracks pensés pour l’usage.”


Une logique de partenariat

Le modèle évolue :

👉 Moins “éditeur vs compositeur”
👉 Plus collaboration entre compétences

  • l’éditeur apporte vision + réseau
  • le compositeur apporte création + production

👉 Objectif : construire un catalogue durable


BAM aujourd’hui

  • ~20 personnes
  • bureaux à Paris, Londres, Montréal
  • présence internationale
  • croissance forte

👉 Un acteur indépendant qui rivalise avec les majors.


Et demain ? Un retour au label ?

Pierre-Michel ne ferme pas la porte :

“Je pense qu’il y a de nouveaux modèles de label à inventer.”

Mais il le rappelle :

👉 Monter un label aujourd’hui =
complexe, chronophage et risqué


Ce qu’il faut retenir

✔ La librairie musicale est un métier créatif
✔ Elle est devenue essentielle dans l’économie de l’image
✔ Le niveau d’exigence a explosé
✔ L’humain reste central malgré la tech
✔ Le modèle indépendant a encore de l’avenir


Conclusion

Cette conversation montre une chose essentielle :

👉 Les métiers “invisibles” de la musique sont souvent les plus stratégiques.

La librairie musicale n’est plus une alternative.
C’est un pilier de l’industrie actuelle.


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