Directeur du Printemps de Bourges, Boris Vedel partage une vision lucide et stratégique de l’industrie musicale actuelle.
À travers cette interview, il décrypte :
- l’économie réelle des festivals
- les mutations du live
- et les clés concrètes pour émerger en tant qu’artiste
👉 Un contenu incontournable pour les artistes indépendants et les professionnels de la musique.
Festival : un métier de passion… mais aussi d’économie
Contrairement à l’image festive, un festival est avant tout une machine économique complexe.
Le modèle classique (en mutation)
Un festival comme le Printemps de Bourges repose sur 3 sources principales :
- financements publics
- partenaires privés
- revenus propres (billetterie, bars, merchandising)
👉 Mais aujourd’hui :
Le poids du privé augmente fortement, tandis que le public ne suit plus l’inflation.
Exemple concret
- Budget passé de ~5M€ à ~7,5M€
- Subventions stables
- Inflation absorbée par le privé
L’économie des festivals devient de plus en plus dépendante des partenaires privés.
Explosion du live : opportunité ou danger ?
Le live n’a jamais été aussi puissant…
👉 Mais aussi fragile.
Selon Boris Vedel :
- les concerts géants explosent (stades, méga tournées)
- les artistes tournent énormément
- les budgets artistiques s’envolent
👉 Résultat :
Les festivals indépendants doivent lutter face à des géants comme Live Nation.
⚠️ Vers une industrialisation des festivals
Le constat est clair :
👉 Le marché se libéralise et s’industrialise.
Deux modèles émergent :
1. Les méga festivals internationaux
- très grosses têtes d’affiche
- budgets énormes
- expérience standardisée
2. Les festivals différenciés
- programmation alternative
- expériences uniques
- identité forte
💡 Conclusion :
Copier les gros festivals est une erreur stratégique.
La clé de survie : proposer une expérience
Boris Vedel insiste sur un point essentiel :
👉 Un festival ne vend plus seulement des artistes.
Il vend :
- une expérience
- un moment collectif
- un univers
Exemple du Printemps de Bourges :
- festival en centre-ville
- multiples salles
- éclectisme artistique
- proximité avec le public
L’expérience devient plus importante que la programmation seule.
Émergence artistique : les vraies règles du jeu
1. Le live est indispensable
👉 Message fort :
Un artiste sans live solide ne s’installe pas.
Pourquoi ?
- le live crée le lien émotionnel
- il valide le projet artistique
- il permet aux pros de détecter le potentiel
2. Commencer petit… mais jouer souvent
Parcours recommandé :
- bars
- petites salles
- SMAC
- premières parties
👉 Objectif :
se construire avant d’être visible
3. Les dispositifs comme accélérateurs
Le dispositif des Les iNOUïS du Printemps de Bourges :
- 4000 candidatures
- ~30 artistes sélectionnés
- forte exposition pro
Mais attention :
Ce n’est pas un passage obligatoire.
💡 Exemple :
Clara Luciani a été refusée… avant de réussir.
Ce que recherchent vraiment les professionnels
Les pros ne cherchent pas la perfection.
Ils cherchent :
- un potentiel
- une identité
- une émotion
👉 Même avec des imperfections, un artiste peut marquer.
⚡ Le piège du streaming sans scène
Problème fréquent :
- artistes forts en streaming
- mais faibles en live
👉 Conséquence :
Difficulté à construire une carrière durable.
Les “Pépites” : l’autre face de l’écosystème
Le programme Pépites accompagne :
- managers
- producteurs
- éditeurs
👉 Objectif :
structurer les professionnels de demain.
💡 Insight :
L’écosystème musical ne repose pas que sur les artistes.
🔮 L’avenir des festivals selon Boris Vedel
Ce qui va changer :
- hausse continue des coûts
- domination des grands groupes
- concurrence accrue
Ce qui va rester :
- le besoin de live
- la dimension sociale
- l’expérience collective
👉 Vision clé :
Les festivals devront devenir uniques ou disparaître.
Conclusion : ce que cette interview nous apprend
Boris Vedel remet les choses à plat :
👉 La musique est devenue un écosystème concurrentiel et structuré.
Pour réussir :
- il faut penser stratégie
- construire dans la durée
- se différencier
En résumé (actionnable pour les artistes)
✔️ Travaille ton live avant tout
✔️ Joue partout (bars, salles, SMAC)
✔️ Ne mise pas tout sur les plateformes
✔️ Cherche l’expérience, pas seulement la visibilité
✔️ Utilise les dispositifs (iNOUïS…) mais sans en dépendre
✔️ Construis une identité forte



