Jérôme Riera
Présentation
Jérôme Riera est directeur de la stratégie du Hellfest. Musicien pendant une quinzaine d’années, puis spécialiste des liens entre la musique et les marques, il a dirigé le label Nuclear Blast, l’un des plus grands labels de métal au monde, avant de rejoindre le festival.
Quinze ans de scène et Vegastar
Pendant une quinzaine d’années, il enregistre et tourne avec des groupes de hardcore, de métal et de rock, avec des labels indépendants comme avec des majors. Il est notamment le guitariste de Vegastar, groupe d’Orléans dont les deux albums, Un nouvel orage (2005) et Television (2007), paraissent en licence chez EMI/Virgin. En 2008, le groupe assure la première partie de Linkin Park à Amnéville.
La musique au service des marques
En parallèle, il travaille comme conseil et directeur artistique indépendant, avec un blog de veille sur la pop culture, New Wave Hooker. Il devient ensuite superviseur musical chez Duke (groupe Publicis), où il compose, recherche des synchros et conseille les marques, puis head of music chez Moxie, avec notamment la campagne associant David Guetta et la Renault Twizy, et directeur artistique chez Havas Worldwide. En 2014, il cofonde Headz Entertainment, une agence de conseil qui accompagne les marques dans les univers du sport, de la musique, de la mode, du cinéma et des jeux vidéo, dont il est le directeur de création.
Notre rencontre au Studio Bleu
C’est au Studio Bleu que L’Atelier de Cédric a reçu Jérôme Riera, alors cofondateur et directeur de création de Headz Entertainment, agence de conseil pour les marques dans l’univers du divertissement, pour partager avec les artistes présents son parcours de musicien passé du côté des marques, entre supervision musicale, contenus et stratégies de communication.
Notre rencontre en ligne
Jérôme Riera est aussi revenu, en interview vidéo en direct, sur son passage de musicien à directeur de label et sur le fonctionnement du marché mondial du métal. Il dirigeait alors Nuclear Blast, label fondé en Allemagne en 1987 et intégré au groupe Believe.
Le métal, une niche mondiale
Le métal n’est pas un petit marché, mais une niche internationale : des fans partout dans le monde, peu de dépendance aux médias traditionnels et une forte culture du live. Un groupe peut ainsi réussir à l’étranger sans être connu dans son propre pays. Nuclear Blast y construit des carrières sur le long terme plutôt que des tubes rapides, avec environ 150 groupes, 50 à 70 sorties par an et une centaine de collaborateurs.
L’album, le live et le digital
À l’inverse de la pop, centrée sur le single et la viralité, le métal reste attaché à l’album : le single sert à attirer de nouveaux fans et à préparer la sortie, et les playlists pèsent peu, car les fans écoutent leurs propres bibliothèques. Le cœur du business, c’est le live, dont le Hellfest est l’exemple emblématique. Le digital a pourtant profondément changé le genre : YouTube est devenu la première source de découverte, des créateurs spécialisés rivalisent avec les médias historiques, et la data permet de cibler les territoires où un groupe a son public. Pour la distribution numérique, Nuclear Blast s’appuie sur Blood Blast, une offre dédiée aux musiques extrêmes.
Le vrai problème : la structuration
« C’est un des milieux où il y a le plus d’amateurisme côté management », constate-t-il : contrats mal négociés, absence d’accompagnement juridique, manque de vision à long terme. Le modèle dominant chez Nuclear Blast est le contrat de licence, avec des artistes déjà structurés et une forte logique entrepreneuriale. Il pointe aussi un angle mort : beaucoup de groupes ne déposent pas leurs titres à la Sacem et ne déclarent pas leurs concerts, et perdent ainsi une part importante de leurs revenus.
Ses conseils aux groupes
Penser international dès le départ, en chantant majoritairement en anglais : c’est l’exportabilité qui explique le petit nombre de groupes français signés, même si Alcest, Celeste ou Perturbator figurent au catalogue. Avoir une identité tranchée, car plus elle est précise, plus elle fonctionne. Construire une audience avant d’aller voir un label — « N’allez pas voir un label si vous n’existez pas » —, ne pas sortir d’album trop tôt mais tester le marché avec des singles, et s’entourer d’un manager, d’une stratégie et d’une vision. Le talent seul ne suffit pas.
Et ensuite
Entre les deux rencontres, après Headz, Jérôme Riera fonde en 2019 Blood Blast Distribution, une offre de distribution numérique dédiée aux musiques extrêmes, portée par Believe, et rejoint Nuclear Blast comme A&R. Il participe à l’ouverture du bureau parisien du label, prend la responsabilité de sa stratégie, puis en devient le directeur. Après le direct, fin 2024, il quitte Nuclear Blast pour devenir label manager de V2 Records Benelux. En 2026, il rejoint le Hellfest comme directeur de la stratégie.
Ce que son parcours inspire
De la scène avec Vegastar aux bureaux d’un label mondial, puis à la stratégie d’un grand festival, le parcours de Jérôme Riera montre qu’une culture musicale peut devenir un métier à chaque étage de la filière — à condition, comme il le répète aux groupes, d’être structuré et d’avoir une identité claire.
Questions fréquentes
Quel est le poste actuel de Jérôme Riera ?
Il est directeur de la stratégie du Hellfest (Hellfest Productions), qu’il a rejoint en 2026 après avoir dirigé le label Nuclear Blast.
Qu’est-ce que Nuclear Blast ?
Un label de métal fondé en Allemagne en 1987, l’un des plus grands au monde, intégré au groupe Believe : environ 150 groupes et 50 à 70 sorties par an.
Quels conseils donne-t-il aux groupes de métal ?
Penser international et chanter en anglais, avoir une identité forte, construire une audience avant de démarcher un label, tester le marché avec des singles avant l’album et se structurer : manager, contrats, dépôt des titres à la Sacem.
Combien de fois L’Atelier de Cédric l’a-t-il reçu ?
Deux fois : au Studio Bleu, alors qu’il avait cofondé l’agence Headz Entertainment, puis en ligne, lors d’un direct consacré au marché mondial du métal, alors qu’il dirigeait Nuclear Blast.
Pour aller plus loin
- Le profil LinkedIn de Jérôme Riera
- Vegastar sur Wikipédia
- Label et production musicale : tous nos guides et rencontres
- Distributeur musical : rôle, missions et modèles économiques
- Programmateur de salle ou de festival : rôle et missions
À propos de L’Atelier de Cédric
L’Atelier de Cédric est une série de rencontres avec les professionnels du music business, menée par Cédric Tilèpe, fondateur de TEMPO Formation (organisme de formation certifié Qualiopi). Chaque échange explore un parcours, un métier et des conseils concrets pour les artistes et les entrepreneurs de la musique.
Découvrez les dernières rencontres en vidéo
Pour aller plus loin, L’Atelier de Cédric propose une chaîne YouTube riche en interviews et échanges avec des professionnels de la musique.
👉 Accédez directement à la playlist des dernières rencontres :
🔔 Abonnez-vous pour découvrir d’autres parcours, retours d’expérience et discussions autour du management, de la promotion et de la création artistique.
Bien s'entourer, comprendre les rouages du métier et bâtir une vraie structure : c'est ce qui fait la différence dans la musique. La formation TEMPO Structuration t'accompagne pas à pas pour bâtir ta structure d'artiste.
Découvrir TEMPO Structuration →Clarifier mon projet en 2h