Boris Vedel

Directeur général · Le Printemps de Bourges
Boris Vedel, directeur général du Printemps de Bourges

Présentation

Boris Vedel est directeur général du Printemps de Bourges depuis 2015 et producteur d’événements et de contenus au sein du Morgane Groupe. Il est aussi partenaire du projet de Bourges, Capitale européenne de la culture 2028. Il porte sur l’industrie musicale un regard à la fois lucide et stratégique, nourri par vingt-cinq ans passés du côté des maisons de disques puis du live.

Des maisons de disques au festival

Il passe par le Bureau Export de la musique française et devient chef de produit chez EMI Music (Rolling Stones, Ben Harper, Black Rebel Motorcycle Club, Iggy Pop…). En 2003, il rejoint Naïve Records, dont il dirige le marketing, l’A&R et la promotion avant d’en devenir directeur général : Carla Bruni, M83, Muse, Benjamin Biolay, Marianne Faithfull, Asa, Pink Martini, Alex Beaupain ou Axelle Red font partie des artistes qu’il a accompagnés. En 2012, il passe à la production événementielle et audiovisuelle chez Morgane, puis prend en 2015 la direction du Printemps de Bourges.

Notre rencontre en ligne

L’Atelier de Cédric a reçu Boris Vedel à distance, en direct, pour parler sans détour de l’économie des festivals, des iNOUïS et de l’avenir d’un secteur en pleine mutation.

Un festival, c’est d’abord une économie

Derrière l’image festive, un festival est une machine économique complexe. Le Printemps de Bourges repose sur trois sources : les financements publics, les partenaires privés et les revenus propres (billetterie, bars, marchandisage). Son budget est passé d’environ 5 à 7,5 millions d’euros, avec des subventions stables : c’est le privé qui absorbe l’inflation, et l’économie des festivals dépend de plus en plus des partenaires privés.

Industrialisation du live

Le live n’a jamais été aussi puissant, ni aussi fragile : concerts géants et tournées de stades explosent, les artistes tournent énormément, les cachets s’envolent, et les festivals indépendants doivent lutter face à des géants comme Live Nation. Le marché se libéralise et s’industrialise, et deux modèles émergent : les méga-festivals internationaux, avec de très grosses têtes d’affiche et une expérience standardisée, et les festivals différenciés, à la programmation alternative et à l’identité forte. Copier les gros serait une erreur stratégique : un festival ne vend plus seulement des artistes, il vend une expérience, un moment collectif, un univers. Celui de Bourges, c’est un festival en centre-ville, de multiples salles, l’éclectisme et la proximité avec le public. L’expérience compte désormais plus que la programmation seule.

Les vraies règles de l’émergence

Pour Boris Vedel, un artiste sans live solide ne s’installe pas : la scène crée le lien émotionnel, valide le projet et permet aux professionnels de repérer le potentiel. Il faut commencer petit mais jouer souvent — bars, petites salles, SMAC, premières parties — et se construire avant d’être visible. Les dispositifs comme les iNOUïS du Printemps de Bourges (environ 4 000 candidatures pour une trentaine d’artistes retenus) offrent une forte exposition auprès des professionnels et sont de formidables accélérateurs, mais pas un passage obligé : Clara Luciani y a été refusée avant de réussir. Les professionnels ne cherchent pas la perfection, mais un potentiel, une identité, une émotion : même avec des imperfections, un artiste peut marquer. Le piège : être fort en streaming et faible en scène, ce qui rend la carrière difficile à installer. Le festival porte aussi le programme Pépites, qui accompagne les managers, producteurs et éditeurs de demain, car l’écosystème ne repose pas que sur les artistes.

L’avenir des festivals

Hausse continue des coûts, domination des grands groupes, concurrence accrue : tout cela va continuer. Mais le besoin de live, la dimension sociale et l’expérience collective resteront. Sa conviction : les festivals devront devenir uniques, ou disparaître. Pour réussir, il faut penser stratégie, construire dans la durée et se différencier.

Ce que son parcours inspire

Travailler son live avant tout, jouer partout, ne pas tout miser sur les plateformes, chercher l’expérience plutôt que la seule visibilité, utiliser les dispositifs sans en dépendre et construire une identité forte : les conseils de Boris Vedel sont ceux de quelqu’un qui a connu le disque et qui dirige aujourd’hui l’un des grands rendez-vous de la filière.

Questions fréquentes

Qui dirige le Printemps de Bourges ?

Boris Vedel en est le directeur général depuis 2015. Il est aussi producteur au sein du Morgane Groupe.

Quel était son parcours avant le Printemps de Bourges ?

EMI Music et le Bureau Export, puis Naïve Records, dont il a été directeur général, avant la production événementielle et audiovisuelle chez Morgane.

Comment est financé un festival comme le Printemps de Bourges ?

Par des financements publics, des partenaires privés et des revenus propres. Avec des subventions stables, c’est le privé qui absorbe la hausse des coûts.

Faut-il passer par les iNOUïS pour émerger ?

C’est un accélérateur précieux, mais pas un passage obligé : l’essentiel reste de jouer souvent et de construire un live solide.

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