Un manager d’artiste, ou manager artistique, pilote la carrière d’un musicien : il construit la stratégie avec lui, réunit et coordonne son équipe (label, tourneur, éditeur, attaché de presse), négocie ses contrats et défend ses intérêts face à tous ses partenaires. Il n’est pas salarié : il touche une commission sur les revenus de l’artiste. S’il place l’artiste et négocie ses engagements, la loi la plafonne comme celle d’un agent artistique : 10 % des rémunérations brutes de l’artiste, 15 % s’il lui confie le développement de sa carrière.
C’est un métier sans diplôme obligatoire, où l’on entre souvent par amitié avec un artiste, par le live, par une maison de disques ou par la technique, et où les premières années rapportent peu. Pour l’expliquer de l’intérieur, L’Atelier de Cédric a reçu en direct Loïc Lepillet, manager d’artistes (Miura), qui accompagnait au moment de la rencontre Kazy Lambist et Julien Granel. Sa parole est croisée ici avec celle d’autres managers et d’un avocat reçus par L’Atelier.
La rencontre en intégralité avec Loïc Lepillet.
Que fait un manager d’artiste ?
« Il n’y a pas une recette qui s’applique à tous les artistes », prévient Loïc Lepillet. Mais le rôle reste le même : être « force de conseil et surtout force de proposition », et défendre les intérêts artistiques, financiers et d’image de l’artiste auprès de tous ses partenaires. Avec une règle : « un manager ne doit pas dire amen à tout ce que dit son artiste ».
Concrètement, le manager :
- construit la stratégie de carrière avec l’artiste, à un an, trois ans, cinq ans
- aide à structurer le projet : statut, structure, inscription à la Sacem et à l’Adami
- trouve les partenaires et monte l’équipe : label, tourneur, éditeur, attaché de presse
- négocie et relit les contrats, avec un avocat quand il le faut
- coordonne tout ce monde et suit l’argent : cachets, redevances, budgets
- ouvre d’autres portes : marques, synchronisation, collaborations
Pour Manuel Darrault, manager et éditeur (Koala & Co), qui a accompagné Trois Cafés Gourmands, « le travail de manager est vraiment ultra transversal » : il s’agit de faire en sorte que « les 40 ou 50 personnes qui travaillent pour le projet ne sortent pas du chemin que souhaite l’artiste ». Dimitri Borrey, manager historique de Stromae, le résume : « il faut gérer la marque et en fait il faut gérer toute une équipe ». Il raconte ces années dans les coulisses de la percée de Stromae.
Le métier change d’un artiste à l’autre : « il y a pas deux manières de le faire identique selon ton artiste », rappelle Hélène Texier, fondatrice de L’Accompagnatrice. « C’est un complément de l’artiste, le manager ».
Au quotidien, il n’y a pas de journée type, et le travail peut se faire en grande partie à distance, avec « un téléphone, un ordinateur, une connexion internet », précise Manuel Darrault.
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Manager, booker, label, éditeur : qui fait quoi ?
Le manager n’est pas un booker. « Moi je ne cherche pas de date de concert », répond Jean-Luc Bonaventure, manager d’artistes (Eriprod), aux artistes qui lui demandent de trouver des concerts. Serge Sabahi, manager d’artistes, qui a accompagné Puggy puis les Fréro Delavega, précise que le manager « négocie pas les cachets de ton artiste » : il « vérifie les contrats que ton producteur va signer avec les salles ».
Le manager ne travaille pas pour le label. L’équipe d’une maison de disques défend d’abord l’intérêt du label, explique Loïc Lepillet : si une grosse émission tombe le jour d’un concert prévu, elle poussera à déplacer la date. D’où l’intérêt d’un manager extérieur à la maison de disques. « Déontologiquement on se place toujours du côté de son artiste », ajoute Serge Sabahi.
Le manager n’est pas un assistant. « Si tu veux un assistant tu prends un assistant, si tu veux un manager c’est qu’il a un réseau », tranche Serge Sabahi.
Le manager n’est pas forcément éditeur. L’éditeur va chercher l’argent des œuvres, répond aux appels d’offres et place des synchronisations. Jean-Luc Bonaventure a déjà fait écrire des artistes pour des films ou des maisons de couture du luxe, « mais ça reste exceptionnel » : « Ce n’est pas mon métier ».
Combien gagne un manager d’artiste ?
Un manager d’artiste n’a pas de salaire : il prend une commission sur ce que gagne l’artiste. Le Code du travail (article D. 7121-7) plafonne la rémunération de l’agent artistique à 10 % du montant brut des rémunérations de l’artiste. Ce plafond est porté à 15 % quand l’artiste lui confie des missions particulières d’organisation et de développement de sa carrière, ce qui correspond aux usages des musiques actuelles. Le manager qui place l’artiste et négocie ses engagements relève de ce cadre, consultable sur code.travail.gouv.fr.
« C’est 10 % des rémunérations brutes des artistes et il y a une tolérance dans la musique actuelle d’avoir les 5 % de plus », confirme Manuel Darrault, pour qui « le 10 %, c’est quand même très compliqué ». Hélène Texier juge qu’« il peut être légitime qu’un manager dise je peux pas bosser pour rien ».
Selon l’usage, la commission porte souvent aussi sur les droits d’auteur, les redevances d’artiste et les cachets de scène, mais « ça se négocie », rappelle Jean-Marie Guilloux, avocat spécialisé en musique : mieux vaut l’écrire noir sur blanc dans le contrat. « Je ne touche de l’argent que de mes artistes », précise Manuel Darrault.
Le calcul fait pendant la rencontre avec Loïc Lepillet est parlant : pour se verser 2 000 € net par mois, un manager doit encaisser environ 50 000 € de commissions par an, donc, à 15 %, voir ses artistes générer plus de 300 000 €. Avec le seul management, même pour un artiste disque d’or en France, « tu peux pas en vivre », prévient-il. Son conseil : garder une autre source de revenus au début.
| Comment le manager est payé | La règle | Ce qu’en disent les invités |
|---|---|---|
| Commission sur les rémunérations de l’artiste | 10 % au plus, 15 % avec une mission de développement de carrière (cadre de l’agent artistique, Code du travail) | 15 %, le taux qu’ils citent (Manuel Darrault, Loïc Lepillet, Serge Sabahi) |
| Fixe mensuel | À négocier dans le contrat | Jean-Luc Bonaventure demande un fixe et prend alors 10 % |
| Droits d’auteur | Selon le contrat | Souvent inclus, mais « ça se négocie » (Jean-Marie Guilloux) |
| Après la fin du contrat | Selon la clause prévue (droit de suite) | La commission continue un temps, puis diminue (Serge Sabahi) |
Manager et éditeur : faut-il cumuler ?
Beaucoup de managers sont aussi éditeurs : la commission s’arrête avec le contrat, les droits d’édition durent. Atteindre l’équilibre est difficile « quand tu es juste manager à 15 % », constate Serge Sabahi. Pour lui, « manager éditeur, il y a pas de conflit d’intérêt » ; le conflit commence quand on produit aussi le disque, « parce que tu peux plus défendre les intérêts de ton artiste ». Loïc Lepillet, manager et éditeur, ne cumule pas les commissions : « je ne prends pas les 15 % sur ma partie éditoriale ».
D’autres sont plus réservés. Pour Hélène Texier, « la vieille école a raison de dire être manager c’est pas être éditeur », même si, quand le manager fait vraiment ce travail, « c’est tout à fait logique qu’il en ait le statut ». Jean-Marie Guilloux ne voit « pas d’incompatibilité juridique », mais « un vrai problème déontologique » dès que le manager est aussi éditeur ou producteur, ce dernier étant l’employeur de l’artiste. Marc Mottin, fondateur d’En BPM, longtemps manager au sein de Derrière les Planches, garde en tête la question d’un artiste : « qu’est-ce que vous allez faire comme job d’éditeur vous ? ». Les arguments du cumul sont dans pourquoi le manager d’artistes devrait aussi faire de l’édition musicale.
Le contrat de management : l’essentiel
Le manager signe « un contrat de mandat, donc c’est pas un contrat de travail, c’est un contrat de représentation de l’artiste », explique Manuel Darrault. Pour Jean-Marie Guilloux, « le contrat de management, c’est un contrat qui repose sur la confiance » : quand elle disparaît, aucune clause ne retient la relation. Trois points reviennent chez les invités :
- Signer un contrat. À ses débuts, Serge Sabahi ne signait pas toujours de contrat, « ce qui est une erreur ».
- Écrire la mission. « Si la mission n’est pas très clairement déterminée au départ, c’est une source de malentendus », prévient Jean-Marie Guilloux.
- Prévoir l’après. Le droit de suite permet au manager de toucher encore une commission, souvent dégressive, après la fin du contrat.
Durée, commission, clauses à vérifier : voir notre guide du contrat de management d’artiste. Et le conseil de Manuel Darrault vaut pour chaque signature : « prenez un avocat, prenez un conseil ».
Le manager relit aussi les contrats que l’artiste signe avec ses partenaires : label, éditeur, musiciens, réalisateur. Le Kit Contrats du Label en donne les squelettes commentés.
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Quand un artiste a-t-il besoin d’un manager ?
« C’est absolument pas nécessaire selon les étapes où on est en tant qu’artiste », répond Hélène Texier. Si le projet n’avance pas, « la raison, c’est rarement qu’il y a pas de manager. La raison, c’est que le projet il est pas abouti ». Le vrai signal : « là où il y a besoin d’un manager, c’est quand le volume de boulot est tel que tu as vraiment besoin de déléguer ». Encore faut-il pouvoir le rémunérer : « un artiste n’a pas forcément les moyens d’avoir un manager ».
Il faut aussi savoir ce que l’on cherche : sur vingt personnes, « ils vont avoir 20 définitions différentes du manager », observe Marc Mottin. Aux artistes autonomes, Jean-Luc Bonaventure répond parfois : « vous avez pas besoin d’un manager, vous avez besoin d’un chef de produit ou vous avez besoin d’un assistant ».
Et le manager ne remplace pas les chansons : « C’est plus simple pour moi d’aller chercher des followers, de faire monter la visibilité d’un artiste sur les réseaux sociaux, que lui faire faire des belles chansons », rappelle Loïc Lepillet.
Comment trouver un manager ?
Demander à un inconnu d’être son manager, c’est comme lui demander d’être son copain ou sa copine, sourit Hélène Texier : « C’est de l’ordre de la rencontre viscérale ». Les conseils des invités :
- Partir des artistes que vous aimez et regarder qui les manage, conseille Loïc Lepillet.
- Écrire un message soigné : un mail « assez précis, pas spécialement très long », sans fautes ni familiarité, selon Jean-Luc Bonaventure, qui encourage aussi à contacter de jeunes managers, qui ont parfois « beaucoup de culot ».
- Aller là où sont les managers : le MaMA, les Francofolies de La Rochelle, le Printemps de Bourges et leurs scènes off. Dans les gros festivals, « tous les managers se déplacent là-bas », assure Serge Sabahi.
- Consulter les organisations de managers, comme MMF France, dont Cathy Bitton a été vice-présidente, ou l’Alliance des managers d’artistes.
- Prendre le temps de se connaître : Jean-Luc Bonaventure travaille quelques mois à l’essai avant de signer, et Manuel Darrault compare la relation à un couple.
Le manager choisit aussi. Pour Loïc Lepillet, « le premier c’est vraiment la musique », puis la capacité de l’artiste à progresser, enfin l’humain. Pour Serge Sabahi, « il faut déjà que j’aie les frissons ».
Comment devenir manager d’artiste ?
Il n’existe ni diplôme obligatoire ni titre protégé. Pour Matthieu Remond, manager, producteur et éditeur (Rising Bird Music), « c’est à partir du moment où un artiste vous confie sa carrière, vous êtes un manager ». Les parcours des invités :
- L’ami qui prend les choses en main : aux débuts de Stromae, Dimitri Borrey était à la fois agent, booker et manager, « vraiment un couteau suisse ».
- L’ancien des médias ou du live : Loïc Lepillet a été attaché de presse radio, puis a travaillé au marketing chez Wagram ; Serge Sabahi gérait deux salles de concert à Londres.
- Le technicien : Manuel Darrault, ingénieur du son, a été un an l’ingénieur du son, le booker et le régisseur de Trois Cafés Gourmands avant leur signature.
- Le passage en maison de disques : Jean-Luc Bonaventure a commencé au service juridique d’une major, Cathy Bitton au développement international chez Universal, et Matthieu Remond, qui voulait produire des disques, par un stage chez Warner : « je comptais pas être manager ».
Côté compétences, Jean-Luc Bonaventure, qui a repris une formation avant de se lancer, insiste : « il faut quand même que tu aies des bases dans tous les domaines », à commencer par les contrats, et « avoir un minimum de psychologie ». Serge Sabahi conseille de connaître « les différents postes qu’il y a dans un label » et la Sacem. Pour apprendre, il existe des formations courtes et des stages, et Jean-Luc Bonaventure recommande d’assister un manager pour voir les rouages du métier. Il rappelle aussi à ses artistes qui décide : « C’est vous le patron, c’est vous le chef ». Pour acquérir ces bases, TEMPO propose aussi des formations aux métiers de la musique.
Le manager en pratique
Au démarrage, le manager aide à monter la structure de l’artiste : choix du statut (auto-entreprise, SAS ou association), du régime social, déclarations sociales et fiscales, et ouverture d’un compte à la SPEDIDAM en plus de la Sacem et de l’Adami. Il le fait lui-même ou s’entoure d’un avocat et d’un expert-comptable de confiance. Il relit aussi le contrat de booking avec le tourneur, les licences, les synchronisations et les partenariats avec des marques, en cherchant les clauses à risque : exclusivité trop large, durée, territoire, recoupement de revenus.
Autour de l’artiste, l’équipe peut compter un responsable du marketing digital, un tour manager, un comptable, un avocat, un ingénieur du son live, un styliste ou un responsable de l’image, et un assistant. Le manager les recrute, les coordonne et arbitre entre eux. Il veille à la collecte et à la répartition de revenus qui viennent de nombreuses sources (streaming, droits d’auteur, droits voisins, concerts, merchandising, synchronisation, sponsoring), en toute transparence, car la plupart des conflits entre un artiste et son manager naissent autour de l’argent. Lui-même se protège avec un contrat écrit, une assurance professionnelle et une structure juridique propre, pour préserver son patrimoine personnel. Des outils comme Spotify for Artists, Chartmetric ou YouTube Studio l’aident à décider sur des chiffres. Pour un artiste qui reste indépendant, sans label, il fait souvent office de mini-label.
D’autres chemins vers le métier
On vient aussi au management comme chargé de production d’un label, d’un tourneur ou d’une société de production, comme avocat ou expert-comptable d’artistes à qui l’on confie peu à peu les décisions, ou comme tour manager qui connaît déjà tout l’écosystème du live. Des écoles proposent des cursus en management artistique, comme l’ICART et son MBA Music Business Management, l’EMIC Paris ou l’IESA Arts & Culture, et le CNM propose des modules courts en management, droits et production. Pour se lancer, on peut manager dès maintenant un groupe local, aller aussi aux Trans Musicales et soigner sa présence en ligne, site et LinkedIn, car les artistes cherchent un manager sur internet avant de le contacter.
Les risques du métier
Travailler longtemps sans être payé. « Il n’y a pas pire situation pour un manager que d’assister un artiste en développement », résume Jean-Marie Guilloux. Et quand le projet n’avance pas, le manager « c’est celui qui a vraiment une cible au milieu du front », dit Hélène Texier.
Voir l’artiste partir au moment du succès. Dès que l’artiste marche, d’autres lui disent que son manager n’y comprend rien ; les premiers managers d’un artiste en développement « se font malheureusement assez rapidement débarquer », constate Jean-Marie Guilloux. D’où l’importance du droit de suite.
Mélanger amitié et business. Le meilleur ami qui devient manager, « ça dure jamais vraiment longtemps », avertit Serge Sabahi.
Tomber sur un faux manager. Méfiez-vous de celui qui se fait payer en promettant des rendez-vous ou une signature : « Tout ce qui est obligation de résultat, je suis toujours méfiant », dit Jean-Luc Bonaventure.
Manager à la française ou à l’anglo-saxonne ?
Cathy Bitton, fondatrice de Saraswati Music et manager de Laurent Voulzy au moment de la rencontre, explique pourquoi le manager anglo-saxon pèse plus lourd. L’artiste français était souvent salarié de sa maison de disques : « il y avait déjà une relation employeur-employé », ce qui n’existe pas dans les contrats anglo-saxons. Au Royaume-Uni, l’agent vend les dates de concert et le manager gère les relations avec la maison de disques, l’éditeur, l’agent et les promoteurs, ainsi que les finances de l’artiste.
L’écart se réduit, selon elle, avec l’artiste entrepreneur, auteur, compositeur, interprète et producteur : « celui-là, il a besoin d’un manager à l’anglo-saxonne ». Cathy Bitton se définit ainsi : « je suis un manager en fonction des besoins des gens que j’ai en face de moi ». Hélène Texier voit la vision francophone de « l’artiste est un salarié » reculer chez les jeunes, pour qui il est normal « d’être le cœur du business ». Enfin, le droit de suite est bien plus court en France que dans les contrats anglo-saxons, où Jean-Marie Guilloux a vu des managers toucher à vie.
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« Moi ça reste le métier qui m’intéresse le plus, le management », dit Matthieu Remond, même s’il est aussi le plus contraignant. Serge Sabahi raconte le plaisir de « partir de rien pour arriver à des zéniths ». Et Hélène Texier rappelle la règle pour tenir : « Il faut une urgence artistique mais faut pas une urgence vitale. »
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Questions fréquentes
Quel est le rôle d’un manager d’artiste ?
Le manager d’artiste pilote la carrière d’un musicien : il construit la stratégie avec lui, trouve et coordonne ses partenaires (label, tourneur, éditeur, attaché de presse), négocie ses contrats et défend ses intérêts. Ce n’est ni un booker ni un assistant.
Comment devenir manager d’artiste ?
Il n’existe pas de diplôme obligatoire : on devient manager quand un artiste vous confie sa carrière, souvent après un parcours en label, dans le live, la promotion ou la technique. Il faut des bases en contrats, en droits et en gestion de projet, et un réseau.
Combien gagne un manager d’artiste ?
Le manager n’a pas de salaire : il touche une commission sur les revenus de l’artiste. S’il place l’artiste et négocie ses engagements, le Code du travail la plafonne comme celle d’un agent artistique : 10 % des rémunérations brutes de l’artiste, 15 % quand l’artiste lui confie le développement de sa carrière. Certains demandent aussi un fixe. Avec un artiste en développement, les revenus restent faibles plusieurs années.
Quelle différence entre un manager, un agent et un éditeur ?
Le manager pilote la stratégie de carrière et coordonne l’équipe. L’agent, au sens anglo-saxon, est le booker ou tourneur : il vend les concerts. En droit français, l’agent artistique est celui qui place l’artiste, ce que fait aussi le manager quand il négocie ses engagements. L’éditeur fait vivre les œuvres : droits d’auteur, synchronisations. Certains managers sont aussi éditeurs, mais ce sont deux métiers différents.
Comment trouver un manager quand on est artiste ?
Il faut d’abord un projet abouti et du travail à déléguer. Repérez les managers d’artistes proches de votre univers, écrivez-leur un message court et précis, allez dans les festivals professionnels, et prenez le temps de vous connaître avant de signer.
Ce qu’il faut retenir
- Le manager d’artiste pilote la carrière : stratégie, équipe, contrats, coordination. Ce n’est ni un booker, ni un assistant, ni l’employé du label.
- Il est payé à la commission sur les revenus de l’artiste ; s’il place l’artiste comme un agent artistique, elle est plafonnée à 10 % des rémunérations brutes, 15 % avec une mission de développement de carrière. Les premières années rapportent peu.
- Un artiste n’a pas toujours besoin d’un manager : il en a besoin quand le projet est abouti et que le travail déborde.
- Un bon contrat écrit la mission et prévoit l’après, mais la relation repose d’abord sur la confiance.
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