Patricia Teglia

Attachée de presse · Aoura
Patricia Teglia, attachée de presse

Photo © Julien Vachon

Présentation

Patricia Teglia est attachée de presse indépendante et la fondatrice d’Aoura, sa structure de relations presse, créée en 2000 et basée à Nantes. Spécialisée dans le développement d’artistes et la promotion de tournées, elle fait le lien entre les artistes et les médias : presse, radio, télévision et web.

De Trempolino à Aoura

Elle commence en 1993 comme responsable du Centre Info rock Pays de la Loire, à Trempolino, à Nantes. La même année, elle rejoint Lola Label, où elle est chargée du développement jusqu’en 1996, puis devient label manager de Declic, de 1996 à 1999. En 2000, elle fonde Aoura et s’installe comme attachée de presse indépendante.

Des artistes singuliers

Au fil des années, elle a accompagné des artistes comme Suzane, Angèle, Aldebert, Octave Noire, Chevalrex, Les Louanges, Théo Lawrence, Broken Back ou le duo Grande, ainsi que le FAIR, dispositif de soutien aux artistes émergents, dont elle suit la promotion. Elle figure dans l’annuaire de Majeures, réseau de femmes de la filière musicale, et s’engage pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans la musique.

Le clip de « Balance ton quoi », d’Angèle :

Notre première rencontre au Studio Bleu

C’est au Studio Bleu, à Paris, que L’Atelier de Cédric a reçu Patricia Teglia, attachée de presse indépendante et fondatrice d’Aoura, pour une rencontre professionnelle avec des artistes autour du métier d’attachée de presse. Sur le même créneau, L’Atelier de Cédric recevait aussi Frédéric Lo, auteur-compositeur et réalisateur musical.


Notre rencontre en ligne

C’est en ligne, lors d’une interview vidéo en direct, que L’Atelier de Cédric a de nouveau reçu Patricia Teglia, attachée de presse indépendante chez Aoura, pour expliquer aux artistes comment on fait connaître un projet aux médias : le développement, le plan promo, la promotion de tournée et la rémunération d’une attachée de presse.

Le métier d’attachée de presse, de l’intérieur

Faire le lien entre les artistes et les médias

Son métier consiste à faire le lien entre des artistes, des projets culturels et les journalistes, les pigistes, les programmateurs de radio et de télévision, pour leur donner le plus de visibilité possible. Le poste est à la croisée de tous les métiers : elle parle aux artistes, à leurs managers, à leurs tourneurs, à leurs éditeurs, et fait parfois le lien avec la Sacem. Ce réseau, qui n’est jamais facturé, est une vraie valeur ajoutée. Elle ne prend jamais seule la promotion digitale, qu’elle laisse à des spécialistes : il faut être le plus expert possible dans son domaine. Être l’intermédiaire est aussi un confort pour l’artiste : un refus ne vise pas l’attachée de presse, qui doit toujours dire la vérité, aux médias comme à l’artiste.

Développer une carrière

Sa spécialité, celle qu’elle préfère, c’est le développement et la tournée : accompagner les premiers pas d’une carrière, souvent par les médias régionaux, tout en travaillant aussi avec des artistes installés. Il s’agit de poser les premières briques, de cultiver la singularité de l’artiste et de l’aider à savoir, au moins, ce qu’il n’a pas envie de faire. Chaque projet est nouveau, et il y a presque autant de façons de travailler que d’artistes. Un projet qu’on lui présente en disant « ça ressemble à… » est pour elle quasi rédhibitoire : Suzane, Angèle ou Octave Noire, dit-elle, n’ont pas d’équivalent. Un refus à la première écoute n’est pas définitif : c’est un travail de fond. Pour choisir un artiste, elle se demande si elle écoutera encore son morceau dans vingt-cinq ans.

Une obligation de moyens

Une attachée de presse a une obligation de moyens, pas de résultat : « Un attaché de presse qui garantit ses résultats, franchement, ça tient du charlatanisme. » Tout dépend de la rencontre entre le projet artistique et les médias.

Le plan promo et le rétroplanning

Le plan promo réunit la liste des médias à toucher et les objectifs, par exemple des retombées régionales à Marseille pour un titre dont le clip a été tourné là-bas. On construit ensuite un rétroplanning en partant de la date de sortie. Elle ne travaille pas sur un projet si on ne lui laisse pas quatre mois minimum avant la sortie : les magazines bouclent longtemps à l’avance, et les playlists d’été des radios sont quasiment arrêtées dès avril. Quand un label est dans l’équipe, elle travaille avec le chef de projet ou le directeur marketing, qui a la vue d’ensemble sur le disque, les clips et les photos. Une date de sortie doit correspondre à quelque chose : les dates « tombées du ciel » par empressement sont un piège. Il faut aussi choisir ses objectifs pour de bonnes raisons : vouloir un article dans Télérama, pourquoi pas, mais il faut savoir pourquoi. Broken Back tenait ainsi, pour de bonnes raisons, à un portrait dans le magazine Bretons : elle s’y est employée. Et plutôt que de viser les plus gros médias, mieux vaut se demander où le public de l’artiste cherche son information : parfois dans la presse locale ou un journal gratuit.

La promo de tournée

La promotion des dates représente une bonne moitié de son temps. Elle est de plus en plus financée conjointement par le tourneur et la maison de disques, parfois par l’éditeur. L’objectif : la visibilité et la vente de billets, sans obligation de remplissage. Les salles doivent faire leur part, avec la billetterie, l’affichage et les relais locaux. Le tourneur lui fournit les éléments ; elle se présente à chaque salle, puis contacte un par un les médias régionaux, en complément de la promotion nationale du disque.

Un forfait fixe

Patricia Teglia se fait rémunérer au forfait : une somme fixe, négociée au départ et souvent échelonnée, par exemple par trimestre, sans rien qui dépende des résultats. Il n’y a pas de devis type : chaque artiste est différent. Elle rappelle souvent le calcul : sur 100 payés, la moitié part en charges, puis viennent le téléphone, la connexion… Quand on décide de payer 500 euros une attachée de presse, se rend-on compte de ce qu’il faut pour remplir son frigo, ou de ce qu’a coûté sa dernière guitare ? Dès ses débuts, elle a refusé les projets mal payés : on en a pour son argent. Elle travaille pourtant avec tous les budgets, en adaptant les objectifs : avec le duo Grande, petite production, elle a visé d’abord un partenariat avec la Ferarock, le web et des premiers articles en presse écrite ; Théo Lawrence, pris avec un petit budget, est allé jusqu’à une signature chez BMG.

Pendant le confinement

Au tout début du confinement, elle a fait partie de l’équipe bénévole d’un festival virtuel qui a fait jouer 95 artistes. Des artistes qu’elle accompagnait, comme Suzane, ont été stoppés en plein élan. Pour elle, il ne faut prendre la parole que lorsque cela sert l’artiste : elle a préféré qu’Octave Noire, le projet de Patrick Moriceau, refuse une grosse opportunité de live qui ne servait pas son album. Sa plus grande responsabilité reste l’artiste : « Il a sorti ses tripes, il les a posées sur la table. » Si une promotion échoue, elle passe à un autre projet ; lui ne refera pas le chemin à l’envers.

Et ensuite

En 2022, La Manufacture Chanson, à Paris, l’invite à une rencontre publique consacrée à son parcours et à son métier. La même année, le FAIR la mentionne toujours comme chargée de sa promotion.

Ce que son parcours inspire

Des labels des années 1990 à Aoura : le parcours de Patricia Teglia rappelle aux artistes qu’une promotion se prépare des mois à l’avance, se paie à sa juste valeur et ne sert que si elle respecte ce que l’artiste est.

Questions fréquentes

Qui est Patricia Teglia ?

Une attachée de presse indépendante, fondatrice d’Aoura en 2000, basée à Nantes. Spécialisée dans le développement d’artistes et la promotion de tournées, elle a accompagné notamment Suzane, Angèle, Aldebert et Octave Noire.

Combien de temps avant une sortie faut-il contacter une attachée de presse ?

Patricia Teglia demande au minimum quatre mois avant la sortie : les magazines bouclent tôt et les playlists d’été des radios sont presque arrêtées dès avril.

Comment une attachée de presse est-elle rémunérée ?

Patricia Teglia travaille au forfait : une somme fixe, négociée au départ et souvent échelonnée, sans rien qui dépende des résultats. Une attachée de presse a une obligation de moyens, pas de résultat : selon elle, garantir des retombées « tient du charlatanisme ».

Où L’Atelier de Cédric l’a-t-il reçue ?

Au Studio Bleu, où L’Atelier de Cédric recevait aussi Frédéric Lo, puis en ligne, lors d’une interview vidéo en direct consacrée au métier d’attachée de presse.

Pour aller plus loin

À propos de L’Atelier de Cédric

L’Atelier de Cédric est une série de rencontres avec les professionnels du music business, menée par Cédric Tilèpe, fondateur de TEMPO Formation (organisme de formation certifié Qualiopi). Chaque échange explore un parcours, un métier et des conseils concrets pour les artistes et les entrepreneurs de la musique.

Découvrez les dernières rencontres en vidéo

Pour aller plus loin, L’Atelier de Cédric propose une chaîne YouTube riche en interviews et échanges avec des professionnels de la musique.

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