Quentin Gauvin
Photo © Julien Vachon
Présentation
Quentin Gauvin est Label & Artist Solutions Director France chez Believe, où il pilote la stratégie et le budget du département qui accompagne les labels et les artistes distribués en France. Vice-président de l’UPFI, il préside aussi Futur Records, le label indépendant qu’il a cofondé à Nantes en 2008, et a été musicien du groupe Minitel Rose. Artiste, patron de label, agent puis distributeur, il connaît le métier des deux côtés : celui des artistes et des labels indépendants, et celui de la distribution numérique, qu’il a vue évoluer de la fin des années 2000 jusqu’au streaming.
Minitel Rose et Futur Records
Il commence à Nantes, où il est de 2007 à 2008 responsable de la communication et des relations presse de Murailles Music ; il y monte notamment Peace & Lobe, un spectacle de prévention des risques auditifs. De 2007 à 2011, il est musicien du groupe nantais de musique électronique Minitel Rose, avec Romain Lemé et Raphaël d’Hervez. Le groupe publie deux albums, The French Machine en 2008 sur le label FVTVR, puis Atlantique en 2010 chez EMI, vend plus de 15 000 disques et donne plus de 200 concerts à travers le monde. En 2008, Quentin Gauvin cofonde avec Raphaël d’Hervez le label Futur Records (FVTVR), qu’il préside toujours. Ricky Hollywood, MOU, Ed Mount, Albinos Congo, Minitel Rose, College, Rhum For Pauline, Pegase et Disco Anti Napoleon figurent à son catalogue, et le label a travaillé avec des partenaires comme Believe Digital, Sony Music, La Baleine ou K7.
Agent de concerts
De 2011 à 2014, il est booker et agent chez SUPER!, à Paris : il négocie et vend les concerts d’une quarantaine d’artistes auprès des salles et des festivals français, en lien quotidien avec des agences anglaises comme Coda, 13th Artists ou William Morris, et participe à des événements comme le Pitchfork Music Festival ou le Converse Pop Up Show.
Believe
Il rejoint Believe fin 2015 comme label manager, chargé de la distribution des labels et des artistes des musiques électroniques et alternatives. De 2019 à 2022, il est responsable de la distribution des labels : il encadre une équipe de huit label managers, chacun responsable d’un portefeuille de labels, et suit lui-même les plus gros comptes.
Notre première rencontre au Studio Bleu
C’est au Studio Bleu, à Paris, que L’Atelier de Cédric a reçu Quentin Gauvin, alors booker et agent chez SUPER!, organisateur de concerts dont le roster réunissait notamment Baxter Dury, Breton, Whomadewho, TEED, Pegase, AlunaGeorge et We Have Band, et président de son label nantais, Futur Records, pour une rencontre professionnelle avec des artistes.
Notre rencontre chez Publicis Media France
C’est chez Publicis Media France, à Paris, que L’Atelier de Cédric a de nouveau reçu Quentin Gauvin, alors label manager chez Believe Digital, responsable de la distribution des labels et des artistes des musiques électroniques et alternatives : Kitsuné, Roche Musique, Nowadays, Chinese Man, Dealer de Musiques, Pain Surprises, Délicieuse ou Wax Tailor, entre autres. Il y intervenait aux côtés de François Beuchot, de Franz & Fritz. Après la rencontre, il a confié à Cédric avoir apprécié le format de la séance.
Notre rencontre à Radio Campus Paris
C’est au micro de L’Atelier radiophonique, sur Radio Campus Paris, que L’Atelier de Cédric a de nouveau reçu Quentin Gauvin, alors responsable de la distribution des labels chez Believe, à la tête d’une équipe de label managers, avec Basile Beaugendre, responsable France de TuneCore, et l’artiste Agop, qui a joué deux titres en acoustique, pour une émission consacrée à la distribution digitale.
La distribution digitale, vue de chez Believe
Le label manager et le trade marketing
Un agrégateur comme TuneCore et un distributeur comme Believe ont la même mission de base : mettre la musique sur les plateformes, qui sont devenues les nouveaux magasins. Believe y ajoute un niveau de service, celui du label manager, l’interlocuteur privilégié du client, qu’il s’agisse d’un artiste en direct, d’un label ou d’un manager. Son premier rôle est d’« aller défendre le catalogue de l’artiste auprès des plateformes », en particulier auprès de leurs équipes éditoriales, pour entrer dans les playlists : c’est le trade marketing, un travail qui se rapproche de celui d’un attaché de presse.
Un filtre commercial, une obligation de moyens
Chez Believe, il n’y a pas de filtre artistique : l’équipe ne joue pas les directeurs artistiques. « On a vraiment un objectif commercial. » Elle regarde le potentiel commercial du titre et de l’artiste, son genre, et sa propre capacité à lui obtenir de la visibilité sur les plateformes : engager le temps des équipes suppose une relative confiance dans les résultats. L’engagement reste un engagement de moyens, pas de résultat, car la décision revient aux équipes éditoriales des plateformes. Et contrairement à une idée répandue, une place en playlist ne s’achète pas. Pour défendre un projet, il faut qu’il existe. Les plateformes regardent l’engagement suscité par les premiers titres, des données que le distributeur voit en partie, et notamment le skip avant trente secondes : une donnée clé, à laquelle le reste du marché n’a pas accès, puisqu’un stream n’est monétisé qu’à partir de la trente et unième seconde. Comptent aussi la promotion, la tournée, l’entourage (manager, éditeur, tourneur), l’activité sur les réseaux sociaux et la régularité des sorties, sans qu’il soit nécessaire de cocher toutes les cases.
Labels, mono-labels et auto-entrepreneurs
Believe travaille historiquement avec des labels au sens traditionnel, des maisons d’artistes comme Kitsuné ou Chinese Man, et de plus en plus avec des artistes qui montent leur propre structure pour se développer, comme Petit Biscuit, un modèle très répandu dans l’urbain. Pas besoin de créer une société pour être distribué : un numéro de SIRET, celui d’une auto-entreprise par exemple, suffit. Il faut en revanche un interlocuteur, l’artiste lui-même, son manager, le patron du label ou un freelance, pour construire avec le label manager les stratégies de développement et de sortie. Le physique n’est pas le cœur de métier de Believe, mais ce marché reste important pour certaines esthétiques, comme la chanson française : l’équipe a ainsi travaillé un album de Zazie, alors que l’urbain vit surtout du digital.
Ce que l’artiste peut faire lui-même
Avant même de chercher des partenaires, un artiste peut faire un premier travail : certifier ses profils sur les réseaux sociaux et sur les plateformes, soigner l’homogénéité de son image, et prendre la parole régulièrement, avec pertinence, pour que cette parole prolonge son propos artistique plutôt que de devenir une contrainte.
Et ensuite
En 2022, Quentin Gauvin devient responsable du Customer Success de Believe : il dirige les équipes chargées des revenus et de la satisfaction des labels et des artistes clients, label managers, artist relation managers, marketing éditorial et partenariats, channel managers, et contribue à faire évoluer les outils et les services proposés aux producteurs. Depuis janvier 2023, il est Label & Artist Solutions Director France : il pilote la stratégie de croissance et le budget du département distribution France et encadre une équipe de quarante personnes, des label managers aux équipes vidéo et audience. Depuis octobre 2023, il est vice-président de l’Union des producteurs phonographiques français indépendants (UPFI), où il représente Believe et les labels qu’elle distribue. En 2022-2023, il a aussi enseigné l’économie de la distribution digitale au MBA de l’ESG, à Paris.
Ce que son parcours inspire
De la scène avec Minitel Rose à la direction des services aux labels de Believe : le parcours de Quentin Gauvin rappelle aux artistes qu’un distributeur défend d’abord des projets qui existent déjà, et qu’une stratégie de sortie pensée titre par titre, au service de leur propos artistique, leur donne plus de chances d’être entendus.
Questions fréquentes
Qui est Quentin Gauvin ?
Le Label & Artist Solutions Director France de Believe, où il est entré en 2015 comme label manager, et le vice-président de l’UPFI. Ancien musicien du groupe Minitel Rose, il préside le label nantais Futur Records, qu’il a cofondé en 2008.
Quelle différence entre un agrégateur et un distributeur comme Believe ?
Selon Quentin Gauvin, leur mission de base est la même : mettre la musique sur les plateformes. Un distributeur comme Believe y ajoute un label manager, qui défend le catalogue de l’artiste auprès des équipes éditoriales des plateformes pour entrer dans les playlists : c’est le trade marketing.
Peut-on acheter une place dans une playlist ?
Non. Pour Quentin Gauvin, un distributeur n’a qu’une obligation de moyens : il défend le catalogue, mais la décision revient aux équipes éditoriales des plateformes.
Où L’Atelier de Cédric l’a-t-il reçu ?
Trois fois : au Studio Bleu, quand il était booker chez SUPER!, chez Publicis Media France, quand il était label manager chez Believe, puis au micro de L’Atelier radiophonique, sur Radio Campus Paris, avec Basile Beaugendre et l’artiste Agop, pour une émission consacrée à la distribution digitale.
Pour aller plus loin
- Quentin Gauvin sur LinkedIn
- Le site de Believe France
- Minitel Rose sur Wikipédia
- La fiche de Basile Beaugendre, TuneCore
- Label et production musicale : notre guide
Dans le même métier
L’Atelier de Cédric a aussi reçu ces professionnels de la distribution et du streaming :
La distribution musicale : notre guide · Tous les professionnels reçus par L’Atelier de Cédric
À propos de L’Atelier de Cédric
L’Atelier de Cédric est une série de rencontres avec les professionnels du music business, menée par Cédric Tilèpe, fondateur de TEMPO Formation (organisme de formation certifié Qualiopi). Chaque échange explore un parcours, un métier et des conseils concrets pour les artistes et les entrepreneurs de la musique.
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