Dans l’industrie musicale, l’éditeur de musique et le producteur phonographique jouent des rôles distincts : l’éditeur protège et gère les droits des œuvres musicales, tandis que le producteur s’occupe de la production des enregistrements et de leur commercialisation. Pourtant, de plus en plus d’éditeurs choisissent de se lancer dans la production phonographique, et pour cause : la différence de revenus, notamment sur le streaming, peut être considérable entre ces deux métiers. Explorons pourquoi un éditeur de musique a tout intérêt à se lancer dans la production phonographique.
Production phonographique et label vont souvent de pair : découvre notre guide pour monter un label de musique en 10 étapes.
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Différence notable de revenus dans le streaming
La répartition des revenus issus du streaming est un point crucial pour comprendre pourquoi l’éditeur de musique a intérêt à se positionner aussi en tant que producteur. En effet, les revenus générés par les plateformes de streaming, comme Spotify ou Apple Music, sont distribués principalement au profit du producteur phonographique plutôt qu’à l’éditeur.
– Producteur phonographique : Les producteurs reçoivent environ 60 à 70 % des revenus générés par le streaming, car ils détiennent les droits sur l’enregistrement sonore (master). Ils touchent une part importante des royalties issues de chaque écoute sur les plateformes.
– Éditeur de musique : En tant que détenteur des droits d’auteur (propriété intellectuelle de la composition musicale), l’éditeur reçoit généralement entre 10 à 15 % des revenus de streaming via les droits de reproduction mécanique et d’exécution publique. Cela constitue une différence de revenus très importante par rapport au producteur.
Cette disparité dans la répartition des revenus peut fortement limiter les gains d’un éditeur dans l’économie du streaming, raison pour laquelle beaucoup d’entre eux choisissent d’endosser également le rôle de producteur pour capter une plus grande part des revenus générés.
Diversification des revenus
L’une des raisons principales pour qu’un éditeur de musique s’engage dans la production phonographique est la diversification des revenus.
Revenus issus de la production phonographique
En devenant producteur, l’éditeur ne se contente plus de percevoir des droits d’auteur pour la diffusion publique des œuvres musicales, mais aussi des royalties ainsi que des droits voisins générés par l’exploitation commerciale des enregistrements sonores (streaming, ventes physiques, synchronisation, etc.).
– Ventes et distribution :
Un producteur phonographique perçoit des revenus directs issus de la vente (royalties) et/ou de la distribution des morceaux, albums et compilations, qu’ils soient physiques (CD, vinyles) ou numériques (streaming, téléchargements).
– Droits voisins :
Le producteur phonographique touche également des droits voisins pour la reproduction et la diffusion des enregistrements (TV, radio, streaming, concerts). Ces revenus viennent en complément des ventes traditionnelles.
En combinant les revenus de l’édition et ceux de la production phonographique, l’éditeur augmente significativement ses sources de revenus tout en optimisant la gestion de l’ensemble des œuvres qu’il représente.
Contrôle accru sur la carrière des artistes
L’éditeur, en se lançant dans la production phonographique, acquiert un contrôle accru sur la direction artistique des projets musicaux. Cela lui permet d’avoir un impact plus direct sur la promotion et la commercialisation des œuvres.
– Développement de l’artiste :
Un éditeur-producteur peut accompagner ses artistes à tous les stades de leur carrière, en passant de la composition à la production des enregistrements, jusqu’à leur promotion et diffusion. Cela crée une synergie entre l’édition et la production, facilitant la cohérence artistique et la stratégie à long terme.
– Valorisation du catalogue :
En étant à la fois l’éditeur et le producteur des enregistrements, l’éditeur peut exploiter ses œuvres sous différentes formes (synchronisation dans des publicités, films, séries) et avoir plus de flexibilité pour négocier les droits (publishing et master).
Ce contrôle accru permet d’assurer un meilleur suivi des projets et une gestion plus intégrée du catalogue des œuvres musicales.
Accès direct à la synchronisation et à d’autres marchés
La synchronisation est un secteur lucratif pour l’éditeur et le producteur, qui consiste à placer des œuvres musicales dans des films, séries, publicités, jeux vidéo, etc. En cumulant les deux casquettes, l’éditeur-producteur peut maximiser les opportunités de placement.
– Négociation simplifiée :
Un éditeur qui est aussi producteur peut négocier les licences de synchronisation de manière plus fluide, car il possède à la fois les droits d’auteur de la musique et les droits sur l’enregistrement phonographique. Cette double casquette permet une plus grande flexibilité pour répondre aux besoins des annonceurs et des productions audiovisuelles.
– Marchés internationaux :
L’éditeur-producteur a également un accès facilité aux marchés internationaux, où il peut vendre ou licencier l’utilisation des enregistrements et des compositions. Cela représente une opportunité d’augmenter la notoriété des artistes et de générer des revenus supplémentaires à l’étranger.
Avantages compétitifs dans un marché en mutation
Dans un contexte où les plateformes de streaming musical dominent le marché, la production phonographique offre un avantage compétitif crucial pour les éditeurs de musique. En investissant dans la production, l’éditeur peut :
– Accéder directement aux plateformes (Spotify, Apple Music, YouTube, etc.) et générer des revenus réguliers grâce aux écoutes (royalties).
– Adapter les stratégies promotionnelles en combinant des approches créatives pour mettre en avant à la fois la composition musicale et l’enregistrement sonore.
En outre, la présence accrue des majors du disque (comme Universal Music, Sony Music, Warner Music) dans le domaine de l’édition montre que la combinaison des deux activités devient un modèle de plus en plus répandu et performant. Devenir éditeur-producteur permet de rester compétitif face à ces grands groupes.
Optimisation des coûts et de la gestion des droits
En cumulant les fonctions d’éditeur et de producteur, il devient possible d’optimiser les coûts liés à la gestion des œuvres musicales. La gestion des droits devient plus simple et centralisée, évitant ainsi les pertes de revenus liées aux négociations avec des tiers.
– Centralisation des droits :
Avoir une vue d’ensemble sur l’exploitation des œuvres, tant au niveau de l’édition que de la production, permet de mieux protéger et rentabiliser le catalogue musical.
– Réduction des intermédiaires :
Moins d’intermédiaires dans la chaîne de production permet de réduire les coûts et d’augmenter la part des bénéfices pour l’éditeur-producteur.
Conclusion
Se lancer dans la production phonographique offre à l’éditeur de musique de nombreux avantages : une diversification des revenus, un contrôle accru sur la carrière des artistes, un accès direct à la synchronisation, et une meilleure gestion des droits. Dans un marché de la musique en constante évolution, cette double compétence permet à l’éditeur de rester compétitif, tout en augmentant la rentabilité de son catalogue et en offrant un soutien plus complet aux artistes. Ainsi, pour un éditeur de musique, investir dans la production phonographique représente une stratégie intelligente et porteuse de nouvelles opportunités.
NB: en réalité, la part des revenus pour les éditeurs de musique dans le streaming est généralement plus faible que 10-15%, surtout dans l’économie actuelle du streaming.
Voici un aperçu plus précis de la répartition des revenus dans le streaming :
1. Revenus totaux du streaming : Lorsqu’une plateforme de streaming, comme Spotify, génère des revenus à partir d’abonnements ou de publicités, environ 70% des revenus sont redistribués à l’industrie musicale.
2. Part du producteur phonographique : Sur ces 70%, la majorité, soit environ 50 à 55%, revient aux détenteurs des droits d’enregistrement, c’est-à-dire aux producteurs phonographiques (label ou artiste indépendant qui possède le master).
3. Part des auteurs-compositeurs et éditeurs : La part restante, environ 10 à 15% des revenus totaux du streaming, est allouée aux droits d’auteur. Ces droits sont ensuite répartis entre l’éditeur et les auteurs-compositeurs, souvent à 50-50. Ainsi, l’éditeur de musique perçoit environ 5 à 7,5% des revenus totaux du streaming.
Résumé de la répartition :
– Producteur phonographique (label) : 50-55 % des revenus totaux
– Droits d’auteur (éditeurs et auteurs-compositeurs) : 10-15 % des revenus totaux, avec une part effective de 5 à 7,5% pour l’éditeur.
La différence de revenus entre le producteur et l’éditeur est donc très notable, surtout dans le domaine du streaming, où le producteur obtient une part bien plus importante. C’est une des raisons principales pour lesquelles un éditeur de musique pourrait vouloir se lancer dans la production phonographique, afin de capter cette part plus substantielle des revenus.
Une fois ta structure de producteur phonographique en place, l’étape suivante est la distribution. Notre guide complet explique comment distribuer sa musique avec son label indépendant : agrégateurs adaptés aux labels, droits voisins (SCPP/SPPF) et stratégie de sorties en 2026.
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