DistroKid, TuneCore, CD Baby… : le comparatif des agrégateurs de musique en 2026

par | Nov 6, 2026

Tu veux sortir ta musique sur Spotify, Deezer et Apple Music sans label. Il te faut un agrégateur. Mais entre DistroKid, TuneCore, CD Baby, Ditto, Amuse ou Wiseband, les prix ne se comparent pas facilement : abonnement, prix par sortie, commission, ou un mélange des trois. Et le moins cher le jour où tu t’inscris n’est pas forcément le moins cher dans trois ans.

Ce comparatif te donne les prix affichés par chaque service, ce que tu gardes, ce qui se passe si tu arrêtes de payer, et le piège que presque personne n’anticipe : l’agrégateur peut te fermer des aides. Les tarifs ont été relevés le 6 novembre 2026 sur les sites officiels. Ils changent souvent : vérifie toujours le prix du jour avant de t’inscrire.

Agrégateur ou distributeur : le rappel

L’agrégateur fait une chose : il met tes titres sur les plateformes. Tu paies un forfait ou une commission, et tu gardes la quasi-totalité de tes revenus. Il n’exige aucune structure, et c’est l’outil de l’autoproducteur qui démarre.

Le distributeur avec services, lui, met en ligne et accompagne : pitch aux plateformes, marketing, parfois avances. En échange, il prend une commission plus forte, et il signe surtout avec des structures et des projets qui ont déjà des chiffres. La différence est détaillée dans notre article agrégateur de musique : ce qu’il fait et ce qu’il coûte.

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Le comparatif des agrégateurs

Voici ce que chaque service affichait le 6 novembre 2026. Les prix sont donnés dans la monnaie affichée sur le site (en dollars pour plusieurs services) :

ServiceModèlePrix affichéCe que tu gardes
DistroKidAbonnement annuel, sorties illimitées24,99 $ par an pour 1 artiste, 44,99 $ pour 2, 89,99 $ pour 1 à 100 artistes100 % des revenus
TuneCoreAbonnement annuel, ou prix par sortieAbonnements de 24,99 € à 54,99 € par an ; ou 24,99 € par an pour un single, 44,99 € la première année pour un album puis 56,49 € par renouvellementL’intégralité de tes droits, selon le site ; 20 % de frais sur TikTok, Facebook, Instagram et YouTube
CD BabyPrix par sortie, sans abonnement9,99 $ par single, 14,99 $ par album91 % (9 % de commission)
DittoAbonnement annuel19 $ par an pour 1 artiste, 59 $ pour 2, 109 $ pour 5100 % du streaming ; 15 % sur l’édition et la synchro (formules Pro et Labels)
AmuseAbonnement annuel23,99 $ par an pour 1 profil d’artiste, 39,99 $ pour 2, 59,99 $ pour 3 et plusTes revenus, après conversion et frais de service
Wiseband (France)Abonnement annuel et commissionUn premier single gratuit ; puis 29 $ par an pour 1 artiste, 49 $ pour 591 % (9 % de commission)

Deux remarques. Amuse ne propose plus de distribution gratuite : il faut un abonnement pour envoyer ta musique sur les plateformes. Et Spinnup, l’agrégateur de Universal, a annoncé sa fermeture pour le 1er décembre 2022 : si tes titres y étaient encore, ils doivent passer par un autre service.

Comment choisir

Il n’y a pas d’agrégateur parfait : il y a le forfait, la commission, ou les deux. Mathieu Rousselot, reçu à L’Atelier de Cédric, résume le bon critère : « Tout dépend en fait du niveau de revenu qu’on génère. » Un forfait coûte la même somme que tes titres soient écoutés ou non ; une commission ne coûte rien tant qu’ils ne rapportent rien.

Un calcul simple, pour te repérer. Si tes titres rapportent 100 € par an, une commission de 9 % te coûte 9 €, moins qu’un forfait de 25 €. S’ils rapportent 1 000 € par an, la même commission te coûte 90 €, bien plus que le forfait. Au début, la commission est souvent plus douce ; quand tes titres décollent, le forfait devient plus intéressant.

Regarde ensuite quatre points, qui pèsent souvent plus que le prix affiché :

  • Le nombre d’artistes : un groupe, un duo, un projet solo et un side project ne rentrent pas dans la même formule
  • Les frais à côté : réseaux sociaux, YouTube, édition, partage des revenus entre membres. C’est là que les commissions se cachent
  • Ce qui se passe si tu arrêtes de payer : selon les services, tes titres restent en ligne, restent en ligne avec moins de revenus (Amuse te reverse alors 75 %), ou sont retirés. Lis les conditions avant de confier ton catalogue
  • Les outils : pré-sauvegarde, statistiques, partage automatique des revenus, codes ISRC fournis. Pour les codes, lis notre article sur les codes ISRC, UPC et ISWC

Warning : l’agrégateur peut te fermer des aides

C’est la vraie différence avec un distributeur, et presque personne ne l’anticipe. Un agrégateur n’exige aucune structure, et c’est justement pour ça qu’il ne suffit pas aux organismes d’aide. Plusieurs guichets regardent ta distribution : un simple compte agrégateur ne compte pas toujours comme une « distribution professionnelle ». D’après les règlements que nous avons étudiés pour le livre :

  • l’Adami n’accepte l’agrégateur seul que si tu as, à côté, une distribution physique professionnelle
  • la SPPF demande un premier disque déjà distribué commercialement, hors agrégateurs
  • le CNM parle de « distribution commerciale professionnelle » sans dire si un agrégateur en fait partie

Ce n’est pas une raison pour signer trop tôt avec un distributeur. Mais le jour où tu montes un dossier d’aide, ce point sera regardé : lis le règlement du jour du guichet visé. Tous les dispositifs sont dans notre guide des aides et subventions.

Les questions à poser avant de t’inscrire

  • Es-tu en lien direct avec les plateformes, ou repasses-tu par un plus gros ? Très peu d’acteurs ont un contrat direct avec Spotify, Apple ou Deezer. Ça change la réactivité quand il faut corriger une erreur, et certains guichets d’aide limitent le nombre d’intermédiaires
  • Mes titres restent-ils en ligne si j’arrête de payer ?
  • Quelles commissions sur les réseaux sociaux, YouTube, l’édition ?
  • À quel rythme suis-je payé, et à partir de quel montant ?

Et un point qu’on oublie : distribuer une fois, pour un projet, c’est toléré ; distribuer de façon régulière, un catalogue qui rapporte tous les mois, c’est une activité économique, qui demande une structure et un numéro SIRET. Les revenus de distribution ne sont pas des droits d’auteur. Les distributeurs indépendants français sont listés dans notre article labels et maisons de disques en France.

Quand passer à un distributeur

Quand tu as une structure, une petite équipe et une traction réelle : des chiffres qui montent, pas une intention. Un distributeur indépendant refuse en général de démarrer un artiste seul en développement : il regarde ton genre, ton entourage (manager, tourneur, sorties régulières) et l’engagement que tes premiers titres ont déjà créé. Tant que tu n’y es pas, l’agrégateur est ta bonne porte.

Le fondateur de Wiseband, Henri-Pierre Mousset, le rappelle : « le streaming, ça paye », surtout avec des distributeurs indépendants qui te laissent 80 à 90 % de tes revenus et te paient chaque mois. Son conseil pour chaque sortie : la pré-sauvegarde, pour concentrer les écoutes du premier jour. Pour préparer ta sortie, lis aussi notre guide Spotify for Artists et Deezer for Creators.

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Questions fréquentes

Quel est le meilleur agrégateur de musique ?

Il n’y en a pas un seul : tout dépend de tes revenus et de ton projet. Avec peu de revenus, une commission (CD Baby, Wiseband) coûte souvent moins qu’un forfait ; quand tes titres rapportent davantage, un abonnement annuel (DistroKid, TuneCore, Ditto, Amuse) devient plus intéressant. Regarde aussi le nombre d’artistes, les frais annexes et ce qui se passe si tu arrêtes de payer.

DistroKid ou TuneCore ?

Les deux fonctionnent par abonnement annuel. Le 6 novembre 2026, DistroKid affichait 24,99 $ par an pour un artiste, TuneCore des abonnements de 24,99 € à 54,99 € par an, ou un prix par sortie. TuneCore prend 20 % de frais sur les réseaux sociaux et YouTube. Compare le nombre d’artistes et les frais annexes, et vérifie les prix du jour.

Existe-t-il un agrégateur gratuit ?

De moins en moins. Amuse ne propose plus de distribution gratuite. Wiseband permet de sortir un premier single gratuitement, puis passe à un abonnement avec commission. Les offres changent souvent : vérifie les conditions du jour.

Que deviennent mes titres si j’arrête de payer ?

Ça dépend du service : ils peuvent rester en ligne, rester en ligne avec moins de revenus (Amuse reverse alors 75 %), ou être retirés. Lis les conditions avant de confier ton catalogue.

Un agrégateur suffit-il pour demander des aides ?

Pas toujours. Plusieurs guichets demandent une distribution professionnelle : l’Adami n’accepte l’agrégateur seul qu’avec une distribution physique professionnelle à côté, la SPPF demande un premier disque distribué hors agrégateurs. Lis le règlement du jour du guichet visé.

Spinnup existe-t-il encore ?

Non. Spinnup, l’agrégateur de Universal, a annoncé sa fermeture pour le 1er décembre 2022. Les titres qui y étaient doivent passer par un autre service.

Ce qu’il faut retenir

  • L’agrégateur met ta musique en ligne ; le distributeur met en ligne et accompagne, contre une commission plus forte.
  • Trois modèles : abonnement annuel, prix par sortie, commission ; le moins cher dépend de ce que tes titres rapportent.
  • Avec peu de revenus, la commission coûte souvent moins ; quand tes titres décollent, le forfait devient plus intéressant.
  • Regarde les frais annexes (réseaux sociaux, YouTube, édition) et ce qui arrive à tes titres si tu arrêtes de payer.
  • Un agrégateur seul peut te fermer des aides : lis le règlement du guichet avant de choisir.
  • Distribuer régulièrement est une activité économique : il faut une structure et un SIRET.
  • Les prix changent souvent : vérifie le tarif du jour sur le site officiel.

Sources : pages de tarifs officielles de DistroKid, TuneCore, CD Baby, Ditto, Amuse et Wiseband, consultées le 6 novembre 2026 ; Wiseband, annonce de la fermeture de Spinnup (13 juin 2022) ; « Le Music Business en France », Cédric Tilèpe (chapitres 8 et 16, annexe A2).

Pour aller plus loin : agrégateur ou distributeur : la différence, ce que fait vraiment un distributeur, réussir sa sortie en distribution digitale, single, EP ou album : que sortir et les codes ISRC, UPC et ISWC.

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