Tu cherches un label. Tu tapes « labels France » ou « maison de disque » dans Google, et tu tombes sur des listes de cinquante noms sans explication, la moitié fermés ou rachetés depuis longtemps. Le problème n’est pas de trouver des noms, c’est de savoir à qui écrire, dans quel ordre, et avec quoi.
Ce guide te donne une carte : les trois majors et leurs portes d’entrée, les grands indépendants, des labels indépendants dont nous avons reçu les équipes à L’Atelier de Cédric, les distributeurs indépendants, et les annuaires pour trouver les autres. Puis la façon de les approcher, racontée par ceux qui reçoivent tes mails. Les informations ont été vérifiées le 6 novembre 2026 : les maisons de disques se réorganisent souvent, vérifie toujours sur leur site avant d’écrire.
Label, maison de disques, distributeur : de quoi on parle
Trois mots reviennent sans cesse, et ils ne désignent pas le même métier :
- Le label produit l’enregistrement : il le finance, en devient propriétaire (le master) et le développe. C’est le producteur
- La maison de disques désigne souvent un groupe qui réunit plusieurs labels, avec ses équipes marketing, promo et commerciales. Une major est une maison de disques, et elle abrite plusieurs labels
- Le distributeur met ta musique sur les plateformes et dans les bacs. Il ne finance pas l’enregistrement : il prend une part de ce qu’il vend
La différence compte pour ta recherche : un label te signe, un distributeur te diffuse. Si ton projet est déjà produit, c’est souvent par un distributeur ou par une licence que tout commence. Pour aller plus loin, lis notre article label ou maison de disque : quelle différence.
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Les trois majors en France
Il y a trois majors : Universal Music France, Sony Music France et Warner Music France. Chacune réunit plusieurs labels, et chacune possède aussi une branche qui travaille avec les labels et les artistes indépendants, sans les signer en contrat d’artiste.
| Major | Quelques-uns de ses labels | Sa porte pour les indépendants |
|---|---|---|
| Universal Music France | Polydor, Island, Capitol, Barclay, Def Jam… | Virgin, et [PIAS], racheté entièrement par Universal en 2024 |
| Sony Music France | Columbia, Epic… | The Orchard |
| Warner Music France | Parlophone, Elektra… | ADA |
Soyons réalistes : une major signe rarement un projet à son tout début. Elle arrive plutôt quand quelque chose a déjà commencé, un public, des chiffres, une scène. L’auteur-compositeur et producteur Kerredine Soltani, découvreur de Zaz, le résume ainsi : avant, une maison de disques misait sur dix artistes en sachant qu’un seul marcherait, aujourd’hui elle préfère mettre plus d’argent sur un seul qui marche déjà. Pour comprendre ce qu’une major fait vraiment, lis nos articles sur les métiers d’une maison de disque et sur les majors et le développement artistique.
Les grands indépendants
Entre les majors et les petits labels, quelques maisons indépendantes françaises ont la taille, les équipes et le catalogue d’une grande structure :
- Because Music : fondé fin 2004 par Emmanuel de Buretel, le label de Justice, Christine and the Queens ou Metronomy. Sa distribution passe depuis 2019 par Virgin, la branche d’Universal : un indépendant peut très bien être distribué par une major
- Wagram Music : un groupe qui réunit plusieurs labels (3e Bureau, Cinq7, W.Lab, Belem Music) et des labels associés, avec aussi une société de tournées, W Spectacle. Écoute notre rencontre avec Florence Marin, directrice artistique chez Wagram
- tôt ou tard : le label indépendant de Vianney, de Shaka Ponk et de Vincent Delerm, fondé par Vincent Frèrebeau. Écoute aussi notre rencontre avec Émilie Damon, aujourd’hui responsable marketing du label
Ces maisons reçoivent énormément de propositions. Beaucoup d’indépendants travaillent en 360 « assemblé » : un même toit pour le disque, l’édition et parfois la scène. Pour comprendre ce modèle, lis notre article sur le contrat 360.
Des labels indépendants que nous avons reçus
Il existe des centaines de labels indépendants en France, souvent spécialisés dans un style. Voici ceux dont nous avons reçu les fondateurs ou les équipes à L’Atelier de Cédric : tu peux écouter comment ils travaillent avant de leur écrire.
| Label | Ce qu’il faut savoir | Notre rencontre |
|---|---|---|
| Tricatel | Le label pop de Bertrand Burgalat, musicien et producteur, ancien président du SNEP | Bertrand Burgalat |
| No Format! | Un label indépendant au modèle singulier, fondé par Laurent Bizot | Laurent Bizot |
| Roche Musique | Label de musiques électroniques cofondé et dirigé par Cézaire | Jean Janin (Cézaire) |
| Baco Music | Fondé en 2011 par le groupe de reggae Danakil, avec sa propre distribution | Mathieu Dassieu |
| Finalistes | Label cofondé par Simon Beaudoux, artiste-entrepreneur tourné vers l’export | Simon Beaudoux |
| Ya Basta! Records | Le label de Philippe Cohen Solal, cofondateur de Gotan Project | Philippe Cohen Solal |
| Nuclear Blast | Label de métal à l’échelle mondiale. Quand nous l’avons reçu, il signait presque uniquement en licence, avec des artistes déjà structurés | Jérôme Riera |
Avant d’écrire à un label, écoute ce qu’il sort. La première question qu’il se posera, c’est : est-ce que ce projet a sa place dans notre catalogue ? Un label de métal ne signera pas de chanson, et un label d’électro pointu ne cherche pas de variété.
Les distributeurs indépendants : l’autre porte
Si ton disque est déjà produit, tu n’as pas forcément besoin d’un label. Un distributeur indépendant met ta musique sur les plateformes et parfois dans les bacs, et certains t’accompagnent sur le marketing et le pitch. Ils sont plus ou moins sélectifs :
| Distributeur | Ville | Profil |
|---|---|---|
| IDOL | Paris | Très sélectif, catalogues établis |
| Modulor | Paris | Très sélectif : rock indé, électro, jazz, hip-hop, soul, musiques du monde |
| Kuroneko | Paris | Généraliste indépendant, vinyle |
| Alter K | Paris et New York | Généraliste indépendant |
| Baco Distribution | Finistère et Paris | Reggae et dub, ouvert aux autres styles |
| L’Autre Distribution | Indre-et-Loire | Tous styles : chanson, musiques du monde, rock, jazz |
| Inouïe Distribution | Saint-Étienne | Projets en développement, tous styles |
| Wiseband | Vendée | Artistes en autoproduction, tous styles |
Tu le vois : tout ne se passe pas à Paris. La liste complète, avec les spécialistes du classique, de l’électro ou du métal, est dans l’annexe A2 du livre, et le rôle d’un distributeur est expliqué dans notre article ce que fait vraiment un distributeur. Pour les coulisses, écoute nos rencontres avec Nicolas Pinault, de Kuroneko, et avec Arthur Badea, sur la distribution indépendante.
Où trouver les autres labels
Aucune liste n’est complète, et c’est normal : des labels naissent et ferment chaque année. Pour trouver ceux qui correspondent à ta musique, quatre pistes :
- Les crédits des artistes proches de toi : sur Spotify, en bas de la page d’un album, la ligne ℗ indique le producteur de l’enregistrement. Fais la liste des labels de dix artistes de ton style : c’est ta première liste de cibles
- Les fédérations de labels : la FÉLIN (Fédération nationale des labels et distributeurs indépendants), l’UPFI (les producteurs indépendants) et le SNEP (majors et indépendants) réunissent des producteurs : leurs adhérents sont autant de pistes
- CNM Work : l’annuaire de la filière édité par le Centre national de la musique
- Les scènes et les tremplins : les labels y viennent repérer. Lis notre guide des tremplins et dispositifs d’accompagnement
Comment approcher un label
Le mail envoyé à froid n’est pas interdit. Il est saturé. Les labels repèrent d’abord sur scène, souvent sur la recommandation des tourneurs, et en faisant leur veille sur les plateformes et les réseaux. Mais si tu écris, ceux qui reçoivent tes mails sont d’accord sur presque tout :
- Peu de titres : trois ou quatre au maximum. Florence Marin, directrice artistique chez Wagram : « on voit bien l’univers »
- Des liens d’écoute, pas des fichiers à télécharger
- Des titres récents, pas une maquette d’il y a six ans
- Pas besoin d’une production finie, mais pas non plus une prise faite au téléphone
- Peu de phrases, tous les liens : une courte présentation, ta vision, tes prochaines dates, tes réseaux
Et prépare la question qu’on te posera en rendez-vous : c’est quoi, ta vision ? Le booker Lionel Bidabé demande une note d’intention, un écrit qui dit ce que tu veux défendre et comment. Sans elle, la réponse est souvent la même : « c’est pas mûr ».
Faut-il déjà être entouré ? Pour Florence Marin, non : « ce qui est systématique, c’est vraiment le projet ». Un manager aide, mais ne remplace pas la musique. Certaines maisons demandent en revanche une structure : elles signent surtout en licence, avec des artistes qui ont déjà leur société ou leur association. Valéry Zeitoun, ancien directeur du label AZ, donne une autre piste : les éditeurs écoutent beaucoup, et ont souvent plus de temps que les producteurs.
Enfin, un refus ne dit pas que ta musique est mauvaise : souvent, le label n’a simplement pas de place à ce moment-là. Pas de réponse, c’est aussi une réponse. Et un non n’est jamais un non définitif : ce qui ne passe pas aujourd’hui peut passer dans un an, avec un projet plus avancé. Choisis aussi un partenaire à ton échelle : demande-lui les derniers projets qu’il a pris à ton niveau, pas ses plus gros succès.
Le contrat que tu peux signer
Un label ne te propose pas toujours le même contrat. Trois grandes familles :
| Contrat | Qui produit et possède le master | Ce que tu touches (repère) |
|---|---|---|
| Contrat d’artiste | Le label finance tout et devient propriétaire | Des cachets, et des royautés de l’ordre de 10 à 15 % |
| Contrat de licence | Ta structure produit le master et en concède l’exploitation au label | De l’ordre de 20 à 30 % pour ta structure, qui récupère l’exploitation du master au bout de 3 à 5 ans en général |
| Contrat de distribution | Ta structure finance tout ; le distributeur diffuse | De l’ordre de 70 à 80 % des revenus, au producteur |
Le contrat d’artiste se signe en ton nom, car c’est un contrat de travail. La licence et la distribution se signent en pratique entre structures. Ces taux sont des ordres de grandeur, pas des barèmes : chaque contrat se lit ligne à ligne, et se fait relire par un avocat avant de signer. Le détail est dans notre article contrat d’artiste, licence ou distribution.
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Découvrir la formation →Recevoir le guide gratuitQuestions fréquentes
Quelles sont les maisons de disques en France ?
Il y a trois majors : Universal Music France, Sony Music France et Warner Music France, qui réunissent chacune plusieurs labels. À côté, de grands indépendants comme Because Music, Wagram Music ou tôt ou tard, et des centaines de labels indépendants, souvent spécialisés dans un style.
Quelle est la différence entre un label et une maison de disques ?
Le label produit l’enregistrement : il le finance et en devient propriétaire. La maison de disques désigne souvent un groupe qui réunit plusieurs labels et leurs équipes. Une major est une maison de disques qui abrite plusieurs labels.
Comment trouver un label pour sa musique ?
Regarde la ligne ℗ en bas des albums d’artistes proches de ton style sur Spotify : elle indique le producteur. Complète avec les fédérations de producteurs (FÉLIN, UPFI, SNEP), l’annuaire CNM Work, et les scènes et tremplins où les labels viennent repérer.
Comment envoyer sa musique à un label ?
Un mail court avec trois ou quatre titres récents au maximum, en liens d’écoute et non en fichiers, une présentation de ta vision et de tes prochaines dates. Écoute d’abord ce que sort le label : ton projet doit avoir sa place dans son catalogue.
Faut-il un manager pour signer en label ?
Ce n’est pas obligatoire : c’est d’abord le projet qui décide. Un entourage aide, et certaines maisons signent surtout en licence, avec des artistes qui ont déjà leur structure.
Label ou distributeur : que choisir ?
Si ton disque est déjà produit, un distributeur le met sur les plateformes et tu restes propriétaire de ton master. Un label finance la production, mais en contrat d’artiste il devient propriétaire de l’enregistrement. La licence est un entre-deux : ta structure produit, le label exploite pour une durée limitée.
Ce qu’il faut retenir
- Un label te signe, un distributeur te diffuse : si ton disque est produit, la distribution ou la licence sont souvent la première porte.
- Les trois majors ont chacune une branche pour les indépendants : Virgin chez Universal, The Orchard chez Sony, ADA chez Warner.
- Écoute le catalogue d’un label avant de lui écrire : ton projet doit y avoir sa place.
- Ta meilleure liste de cibles, ce sont les labels des artistes proches de ton style : regarde la ligne ℗ sur Spotify.
- Trois ou quatre titres récents, en liens d’écoute, et une vision claire : c’est le projet qui décide.
- Pas de réponse, c’est aussi une réponse, et un non n’est jamais définitif.
- Contrat d’artiste, licence ou distribution : les taux sont des repères, fais relire tout contrat avant de signer.
Sources : sites de Wagram Music et de Because Music, consultés le 6 novembre 2026 ; Universal Music Group, rachat de la totalité de [PIAS] (octobre 2024) ; « Le Music Business en France », Cédric Tilèpe (chapitres 1, 8, 11 et 24, annexes A2 et A4).
Pour aller plus loin : label ou maison de disque : quelle différence, les conseils de Florence Marin pour signer en label, contrat d’artiste, licence ou distribution, ce que fait vraiment un distributeur, les tremplins et dispositifs d’accompagnement et single, EP ou album : que sortir.

Pour aller plus loin, tout est dans Le Music Business en France
Le livre de Cédric Tilèpe, nourri de plus de 200 interviews de pros du music business. Sortie le 2 février 2027.
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