La Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique (SACEM) est un organisme incontournable pour les créateurs de musique en France, assurant la collecte et la répartition des droits d’auteur. Elle joue un rôle crucial dans la protection des œuvres des auteurs et compositeurs, en France comme à l’étranger, où elle collabore avec d’autres sociétés de gestion collective pour garantir la rémunération des créateurs sur les diffusions internationales.
Le rôle de la SACEM en France
Protection et gestion des droits d’auteur
La SACEM représente les intérêts des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique en France. Son rôle principal est de protéger leurs œuvres et de collecter les droits d’auteur générés par leur utilisation publique (diffusion en radio, télévision, concerts, bars, discothèques, plateformes de streaming, etc.). Voici ses missions clés :
- Enregistrement des œuvres : Les auteurs et compositeurs doivent déclarer leurs œuvres à la SACEM afin que celles-ci soient protégées et puissent générer des droits.
- Collecte des droits : Chaque fois qu’une œuvre est utilisée, la SACEM collecte des droits d’auteur auprès des diffuseurs (radios, télévisions, salles de concert, plateformes numériques, etc.).
- Répartition des droits : La SACEM redistribue ensuite ces droits aux créateurs et éditeurs de musique. Elle répartit les revenus en fonction des diffusions de chaque œuvre.
Un accompagnement pour les créateurs
En plus de la gestion des droits d’auteur, la SACEM soutient les auteurs et compositeurs dans leur carrière à travers des programmes d’aide à la création, de soutien à la diffusion et de formation. Elle participe également à la promotion de la création musicale, encourageant ainsi l’innovation et la diversité culturelle en France.
Le rôle de la SACEM à l’étranger
En dehors de la France, la SACEM garantit également la protection des droits des créateurs français à l’international grâce à des accords de réciprocité avec de nombreuses sociétés de gestion collective à travers le monde. Ces partenariats permettent de percevoir et de redistribuer les droits d’auteur lorsque les œuvres sont utilisées dans d’autres pays.
Voici un aperçu des principales sociétés de gestion collective avec lesquelles la SACEM collabore dans différents pays :
Europe
- GEMA (Allemagne) : Gesellschaft für musikalische Aufführungs- und mechanische Vervielfältigungsrechte, qui gère les droits des œuvres musicales en Allemagne.
- PRS for Music (Royaume-Uni) : Société britannique qui collecte et distribue les droits d’auteur pour les œuvres musicales.
- SIAE (Italie) : Società Italiana degli Autori ed Editori, en charge de la protection des œuvres en Italie.
- SGAE (Espagne) : Sociedad General de Autores y Editores, qui collecte les droits en Espagne.
- SABAM (Belgique) : Société belge chargée de la gestion des droits d’auteur.
- AKM (Autriche) : Austro-Mechana, la société autrichienne responsable des droits d’auteur.
- BUMA/STEMRA (Pays-Bas) : La BUMA gère les droits de représentation et la STEMRA, les droits de reproduction.
- TONO (Norvège) : Société norvégienne de gestion des droits d’auteur.
Amérique du Nord
- ASCAP (États-Unis) : American Society of Composers, Authors, and Publishers, qui gère les droits des œuvres musicales sur le territoire américain.
- BMI (États-Unis) : Broadcast Music, Inc., une autre grande société américaine de gestion des droits d’auteur.
- SESAC (États-Unis) : Société américaine axée sur la gestion des droits pour les auteurs-compositeurs.
- SOCAN (Canada) : Society of Composers, Authors and Music Publishers of Canada, qui protège les droits d’auteur au Canada.
Amérique Latine
- SADAIC (Argentine) : Sociedad Argentina de Autores y Compositores de Música, en charge de la gestion des droits en Argentine.
- UBC (Brésil) : União Brasileira de Compositores, qui gère les droits d’auteur au Brésil.
- APDAYC (Pérou) : Asociación Peruana de Autores y Compositores, responsable des droits au Pérou.
- SCD (Chili) : Sociedad Chilena del Derecho de Autor, qui collecte les droits d’auteur au Chili.
Asie
- JASRAC (Japon) : Japanese Society for Rights of Authors, Composers, and Publishers, en charge de la gestion des droits au Japon.
- KOMCA (Corée du Sud) : Korea Music Copyright Association, responsable des droits en Corée du Sud.
- MÜ-YAP (Turquie) : Turkish Phonographic Industry Society, qui gère les droits d’auteur en Turquie.
Océanie
- APRA AMCOS (Australie/Nouvelle-Zélande) : L’Australasian Performing Right Association (APRA) et l’AMCOS gèrent les droits des créateurs en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Afrique
- SAMRO (Afrique du Sud) : Southern African Music Rights Organization, qui protège les droits des auteurs et compositeurs en Afrique du Sud.
- BMDA (Maroc) : Bureau Marocain des Droits d’Auteur, gère les droits au Maroc.
La collaboration internationale de la SACEM
Grâce à des accords de réciprocité avec ces sociétés, la SACEM peut percevoir les droits des auteurs français lorsque leurs œuvres sont diffusées à l’étranger et, inversement, redistribuer les droits des créateurs étrangers pour les diffusions en France. Cela garantit une protection mondiale des œuvres et une juste rémunération, quelle que soit la zone géographique de diffusion.
Les accords de réciprocité
Ces accords permettent à la SACEM d’agir en tant que représentant de ses membres au niveau international, en s’assurant que leurs œuvres soient protégées et rémunérées dans chaque pays où elles sont exploitées. Les sociétés partenaires font de même pour leurs propres auteurs et compositeurs lorsque leurs œuvres sont diffusées en France.
Le suivi des diffusions mondiales
Avec la montée en puissance des plateformes de streaming et des diffusions mondiales instantanées, la gestion des droits d’auteur est devenue plus complexe. La SACEM, avec ses homologues à l’étranger, a adapté ses outils de suivi pour garantir que chaque diffusion, que ce soit à la télévision, à la radio, en ligne ou en concert, génère bien les droits dus aux auteurs.
Conclusion
La SACEM est un pilier de la protection des droits d’auteur en France et à l’international. En collaborant avec de nombreuses sociétés de gestion collective à travers le monde, elle assure aux créateurs français une rémunération pour chaque diffusion de leurs œuvres, quel que soit le pays. Grâce à ces partenariats, les compositeurs, auteurs et éditeurs de musique peuvent compter sur une protection mondiale de leurs créations, garantissant que la musique continue de résonner au-delà des frontières tout en assurant une juste rémunération à ceux qui la créent.
La SACEM en bref
| Élément | Détail |
|---|---|
| Nom complet | Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique |
| Acronyme | SACEM |
| Forme juridique | Société civile à but non lucratif |
| Création | 1851 |
| Membres | Plus de 251 000 (auteurs, compositeurs, éditeurs) |
| Mission | Collecter et répartir les droits d’auteur liés à l’utilisation publique des œuvres |
| Collecte 2025 | 1,70 milliard d’euros dans 180 territoires |
| Répartition 2025 | 1,50 milliard d’euros à 663 000 ayants droit |
| À l’international | Accords de réciprocité avec les sociétés sœurs (réseau CISAC) |
Questions fréquentes
Que signifie l’acronyme SACEM ?
SACEM signifie Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique. C’est une société civile française à but non lucratif, fondée en 1851, qui gère collectivement les droits d’auteur de ses membres.
Quel est le rôle principal de la SACEM ?
La SACEM collecte les droits d’auteur générés par l’utilisation publique des œuvres musicales (radio, télévision, plateformes de streaming, concerts, bars, magasins, etc.), puis les reverse aux auteurs, compositeurs et éditeurs membres. Elle protège également le répertoire de ses sociétaires et les accompagne dans la défense de leurs droits.
La SACEM agit-elle uniquement en France ?
Non. Grâce à des accords de réciprocité avec les sociétés sœurs étrangères (ASCAP et BMI aux États-Unis, PRS au Royaume-Uni, GEMA en Allemagne, SIAE en Italie, SOCAN au Canada, etc.) et à son appartenance à la CISAC, la SACEM perçoit les droits de ses membres diffusés à l’étranger et reverse réciproquement ceux des créateurs étrangers diffusés en France.
Combien la SACEM collecte-t-elle et reverse-t-elle ?
En 2025, la SACEM a collecté 1,70 milliard d’euros de droits dans 180 territoires et réparti 1,50 milliard d’euros à 663 000 créateurs et éditeurs, en maintenant un taux de charges de 9,8 %. Ces montants sont publiés chaque année par la SACEM et évoluent.
Qui peut adhérer à la SACEM ?
Tout auteur, compositeur ou éditeur de musique dont au moins une œuvre a été exploitée (diffusée, éditée ou enregistrée) peut adhérer. L’adhésion permet de déclarer ses œuvres et de percevoir les droits correspondant à leur utilisation. La SACEM compte aujourd’hui plus de 251 000 membres.
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