Tu fais presser des CD pour les vendre en concert, un vinyle pour tes fans, une compilation pour ton label ? Avant que l’usine ne démarre, il te faut une autorisation de la SDRM, et une redevance à payer. C’est le poste que les autoproductions découvrent la veille du pressage, quand le presseur réclame un papier qu’on n’a pas.
Ce guide te dit ce qu’est la SDRM, quand elle s’applique, comment se calcule la redevance, comment faire la demande « œuvre par œuvre » (OPO), et les pièges des disques promo, des reprises et des compilations. Il s’appuie sur le chapitre 9 du livre de Cédric et sur le barème œuvre par œuvre de la SDRM. Pour la fabrication d’un vinyle (usines, quantités, prix), lis notre guide pour presser un vinyle.
La SDRM, c’est quoi ?
La SDRM (Société pour l’administration du droit de reproduction mécanique) est un organisme géré par la Sacem. Elle encaisse les droits des auteurs, compositeurs et éditeurs chaque fois qu’une œuvre est reproduite sur un support : CD, vinyle, et plus largement tout objet fabriqué pour être vendu ou distribué.
Ici, l’argent va dans l’autre sens que d’habitude : ce n’est pas toi qui touches, c’est toi qui paies. Le producteur du disque, celui qui commande la fabrication, règle la redevance, qui revient ensuite aux auteurs des chansons pressées. Ce n’est pas un guichet d’aide et on n’y adhère pas : on passe par la Sacem. Pour situer la SDRM parmi les autres organismes, lis notre guide la Sacem, c’est quoi.
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Quand faut-il passer par la SDRM ?
Dès que tu fais fabriquer un support physique avec de la musique dessus. Trois cas surprennent souvent :
- Tes propres chansons : si elles sont déposées à la Sacem, la redevance est due, même si tu en es l’auteur et le producteur
- Un tout petit tirage : 100 CD pour la vente en concert, c’est la même démarche qu’un tirage de 5 000
- Une musique hors Sacem : si aucune des œuvres n’est déposée à la Sacem, l’autorisation reste nécessaire, mais elle est gratuite
Et à l’inverse, deux cas où tu n’as rien à demander :
- Le streaming et le téléchargement : ce sont les plateformes qui paient la Sacem
- Le concert : les droits sont payés par l’organisateur, voir notre guide pour déclarer un concert à la Sacem
Combien ça coûte : taux, assiette, minimum
La redevance n’est pas un forfait par disque. C’est un pourcentage du prix, avec un minimum par support et un minimum par demande. Voici le barème œuvre par œuvre, tel que repris dans le livre de Cédric (barème consulté en 2026) :
| Élément | Barème |
|---|---|
| Taux sur le prix de détail | 7,40 % du prix de vente au public |
| Taux sur le prix de gros | 9,009 % du prix de gros hors taxes |
| Minimum par CD single | 0,2728 € HT |
| Minimum par CD album | 0,5946 € HT |
| Minimum par vinyle 33 tours | 0,3586 € HT |
| Minimum par demande d’autorisation | 25 € HT |
Les montants sont hors taxes, à majorer de la TVA et des contributions en vigueur. Trois règles à retenir :
- Tu paies sur les exemplaires fabriqués, pas sur les exemplaires vendus. Les invendus ne sont pas remboursés
- Le minimum du support joue pour les disques vendus bon marché : en dessous d’environ 8 € HT pour un CD album, c’est lui qui s’applique
- Le vinyle a un minimum plus bas que le CD album : le minimum dépend du format déclaré, pas du coût de l’objet
Trois exemples, pour un CD album :
| Tirage | Calcul | Redevance |
|---|---|---|
| 500 CD vendus 10 € en concert | 7,40 % de 10 €, soit 0,74 € par CD (au-dessus du minimum de 0,5946 €) | Environ 370 € HT |
| 500 CD vendus 6 € | 7,40 % de 6 € = 0,44 €, sous le minimum : c’est 0,5946 € par CD qui s’applique | Environ 297 € HT |
| 30 CD vendus 10 € | 30 × 0,74 € = 22,20 €, sous le minimum par demande | 25 € HT |
Oublie le « un euro par disque » qu’on entend partout : ce n’est ni un barème, ni un minimum, ni une moyenne. Retiens un taux, une assiette et un minimum, et demande toujours à la SDRM sur quelle assiette elle calcule ton dossier. Si ton budget se joue à quelques dizaines d’euros, fais-toi confirmer le montant avant de valider ton devis : les minima sont révisés de temps en temps. Demande aussi si un abattement s’applique à ton cas.
Les disques promo ne sont pas gratuits
C’est le contresens le plus répandu : il n’existe pas de quota de disques offerts en franchise. Le barème prévoit deux cas, et dans les deux tu paies :
- Tout le tirage est offert (rien n’est vendu) : tu paies le minimum du support. Pour 100 CD album promo, environ 59 € HT
- Une partie seulement est offerte (le cas le plus fréquent) : les exemplaires promo sont tarifés aux deux tiers du tarif des exemplaires vendus, sans descendre sous le minimum du support. 100 disques promo coûtent l’équivalent d’environ 66 disques vendus
Dans les deux cas, la mention « Interdit à la vente » doit figurer sur le disque et sur la pochette. C’est le détail qu’on découvre à l’usine, quand les fichiers sont déjà partis.
La demande « œuvre par œuvre » (OPO), pas à pas
Le barème ci-dessus est celui de l’autorisation dite OPO, pour « œuvre par œuvre » : une demande ponctuelle, faite par le producteur pour un pressage donné, en listant chaque œuvre du disque. C’est le cas de l’autoproduction et du petit label. Les gros producteurs qui pressent en continu ont d’autres régimes : c’est pourquoi tu verras parfois circuler d’autres chiffres.
La démarche se fait en ligne, depuis l’espace clients de la Sacem, en trois temps :
- Tu déclares ton pressage : le support, le nombre d’exemplaires (vendus et promo), le prix, la liste des titres avec leurs auteurs et compositeurs, et le code-barres (EAN) du disque
- Tu reçois le chiffrage et tu paies : compte deux à quatre semaines pour le chiffrage. Une fois réglé par carte, l’autorisation est immédiate
- Tu transmets l’autorisation au presseur : sans elle, il ne fabrique pas
Prépare le code-barres et, si tu les as, les codes ISRC de tes titres : tout est expliqué dans notre guide des codes ISRC, UPC et ISWC. Et cale l’autorisation dans ton calendrier : elle doit être là avant que l’usine démarre.
Reprises et compilations : qui touche, et quel délai
Une reprise fidèle se presse avec l’autorisation de la SDRM, sans demander l’accord individuel des auteurs de l’original. Mais la redevance va entièrement à leurs ayants droit, pas à toi. Si tu modifies l’œuvre (paroles changées, version qui la dénature), c’est une autre histoire : le droit moral des auteurs entre en jeu. Voir notre guide sur l’utilisation d’une musique sans autorisation.
Une compilation ou un disque à invités demande en plus l’accord des producteurs des enregistrements et des artistes. Fabrice Kost, alors directeur exécutif de NRJ Music Label & Publishing, reçu à L’Atelier de Cédric, conseille de demander ces autorisations au moins un mois avant la fabrication. Ajoute les deux à quatre semaines de la SDRM : sur un projet à reprises ou à featurings, compte deux mois d’administratif avant de graver quoi que ce soit.
Ce qui doit figurer sur le disque
Le presseur et la SDRM vérifient les mentions du support. Ton disque doit porter :
- Le logo de la SDRM, dès qu’une des œuvres relève de son répertoire
- Le titre complet de chaque morceau, avec les noms du compositeur, de l’auteur, et le cas échéant de l’adaptateur et de l’arrangeur
- La mention de réserve des droits : « Tous droits du producteur phonographique et du propriétaire de l’œuvre enregistrée réservés. Sauf autorisation, la duplication, la location, le prêt, l’utilisation de ce disque pour exécution publique et radiodiffusion sont interdits. »
- Le numéro de catalogue et le code-barres
- « Interdit à la vente » sur les exemplaires promo, disque et pochette
Presser sans autorisation, ce n’est pas une économie : c’est reproduire des œuvres sans l’accord de leurs auteurs, donc une contrefaçon. Et en pratique, un presseur sérieux ne fabrique pas sans le papier.
SDRM et aides : un poste à part
Dans un budget de production, la SDRM se range dans la rubrique fabrication, avec le pressage. En règle générale, cette rubrique n’entre pas dans le calcul des aides à la production, ni dans le crédit d’impôt phonographique : ces aides financent l’enregistrement, pas l’objet vendu. Il y a deux exceptions à connaître : le pressage promo peut entrer dans l’aide à la promotion de l’Adami, et la fabrication fait partie des postes de l’aide de la Sacem au développement éditorial, réservée aux éditeurs. Les listes de dépenses changent d’une année à l’autre : relis le règlement de chaque guichet l’année où tu déposes. Notre guide des aides et subventions dans la musique fait le tour des guichets.
Conséquence pratique : mets une ligne « SDRM » dans ton budget dès le départ, et finance-la sur ta trésorerie ou par une précommande. La découvrir au moment de presser, c’est décaler sa sortie.
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Découvrir la formation →Recevoir le guide gratuitQuestions fréquentes
Qu’est-ce que la SDRM ?
La Société pour l’administration du droit de reproduction mécanique, gérée par la Sacem. Elle encaisse les droits des auteurs, compositeurs et éditeurs quand une œuvre est reproduite sur un support (CD, vinyle). C’est le producteur qui commande la fabrication qui paie la redevance.
Faut-il payer la SDRM pour presser ses propres chansons ?
Oui, si tes chansons sont déposées à la Sacem, même pour un petit tirage. Si aucune œuvre du disque n’est déposée à la Sacem, l’autorisation reste nécessaire, mais elle est gratuite.
Combien coûte la SDRM pour un CD ?
7,40 % du prix de vente au public, ou 9,009 % du prix de gros hors taxes, avec un minimum de 0,5946 € HT par CD album (0,2728 € pour un single) et 25 € HT par demande, selon le barème œuvre par œuvre repris en 2026. Pour 500 CD album vendus 10 €, compte environ 370 € HT.
Qu’est-ce que l’OPO de la Sacem ?
L’autorisation « œuvre par œuvre » : la demande ponctuelle que fait un producteur pour un pressage donné, en listant chaque œuvre du disque. Elle se fait en ligne depuis l’espace clients de la Sacem. Compte deux à quatre semaines pour le chiffrage.
Les disques promo sont-ils exonérés de SDRM ?
Non. Si tout le tirage est offert, tu paies le minimum du support. Si une partie seulement est offerte, ces exemplaires sont tarifés aux deux tiers du tarif de vente. Dans les deux cas, « Interdit à la vente » doit figurer sur le disque et sur la pochette.
Faut-il une autorisation SDRM pour le streaming ?
Non. En streaming et en téléchargement, ce sont les plateformes qui paient la Sacem. L’autorisation SDRM ne concerne que les supports fabriqués.
Ce qu’il faut retenir
- La SDRM encaisse les droits des auteurs quand tu fais fabriquer un CD ou un vinyle. C’est le producteur qui paie.
- Elle s’applique même à tes propres chansons déposées à la Sacem, et même à 100 CD.
- 7,40 % du prix de vente au public ou 9,009 % du prix de gros, avec un minimum par support et 25 € par demande.
- Tu paies sur les exemplaires fabriqués, pas vendus.
- Pas de disques promo gratuits : minimum du support, ou deux tiers du tarif.
- Demande OPO en ligne, deux à quatre semaines avant la fabrication. Le presseur exige l’autorisation.
- La SDRM ne se finance pas par les aides à la production : prévois-la dès le budget.
Sources : « Le Music Business en France », Cédric Tilèpe (chapitres 0-2, 2, 9 et 18, annexes A5 et A10 : barème SDRM œuvre par œuvre consulté en 2026) ; barème SDRM de la Sacem Luxembourg (validité 2025), même mécanique avec des minima plus bas ; rencontre de L’Atelier de Cédric avec Fabrice Kost. Les minima sont révisés de temps en temps : fais confirmer ton chiffrage par la SDRM.
Pour aller plus loin : presser un vinyle, les codes ISRC, UPC et ISWC, la pochette d’album, le merchandising d’artiste et déclarer un concert à la Sacem.

Pour aller plus loin, tout est dans Le Music Business en France
Le livre de Cédric Tilèpe, nourri de plus de 200 interviews de pros du music business. Sortie le 2 février 2027.
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